“Ils chantent les chansons entendues partout, et dont beaucoup de voyageurs étrangers fredonnent les refrains, en écoutant, debout sur le pont, ils chantent, naturellement, Santa Lucia, Addio, mia bella Napoli, Margherita, mais c'est l'Italie qui nous salue ainsi à notre départ, avec sa musique toute spirituelle, dont on ne sait pas au juste si c'est de la joie contenue ou des larmes prêtes à couler. Minuit sonne à Saint-Marc ; c'est le seul bruit que Venise nous envoie. Les habituels préparatifs de la mise en marche s'accomplissent sans trop de grincement. Un petit torpilleur, avec trois lanternes aux couleurs italiennes, s'est placé derrière la Vénus et, au départ, il nous escorte rasant le bord extrême d'écume blanche que fait l'hélice en mouvement. En mer. Une heure du matin. Je monte sur le pont désert. Les vers de Laforgue Ah! que la nuit est lointainement pleine De silencieuse infinité claire ... Viennent naturellement à l'esprit : la pleine lune, dans le ciel pur, confond la mer et le ciel en une même teinte grise, transparente et délicate. On ne voit plus rien de la côte, qu'un phare lointain, sur la gauche. Le petit torpilleur avec ses lumières verte, blanche et rouge, ne nous suit plus. Le navire est tout seul dans la vaste clarté lunaire.”
Quote by Valery Larbaud
Book:journal
Work
Author
You May Also Like
Source: Ascent of the A-Word: Assholism, the First Sixty Years
Source: Wedding Chronicles
Source: On Earth We're Briefly Gorgeous
Source: City as Landscape
“Čudim se onome ko prodaje vino! Pitam se šta će bolje kupiti za te pare?”
Source: Una
Source: バッカーノ!1933 <下> THE SLASH 〜チノアメハ、ハレ〜
“The top has no limits. We can keep on climbing. That's what people do. No-- That's what I do.”
Source: バッカーノ!1933 <下> THE SLASH 〜チノアメハ、ハレ〜