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“Quelque huit millions de personnes sont ainsi soumises par une armée de trente mille cavaliers. Les historiens réfutent aujourd’hui les récits des contemporains sur les centaines de milliers de « païens sauvages », détruisant tout sur leur passage. La force principale des Mongols, leur « bombe atomique » est le cheval. Chaque cavalier se doit d’en posséder trois, un de rechange et un autre pour son bagage. Une armée, fût-elle de cent mille hommes (or, les chroniqueurs parlent de deux cent cinquante à trois cent mille), aurait besoin d’une quantité de chevaux telle qu’elle ne pourrait trouver à les nourrir que dans certaines régions bien délimitées de l’empire conquis. La première bataille opposant Russes et Tatars sur les bords de la Kalka s’achève, nous l’avons vu, par la victoire des envahisseurs. L’une des raisons en est le petit nombre des guerriers mongols (trente mille) qui donne l’illusion aux armées russo-polovtsiennes de la faiblesse ennemie. En conséquence, les princes n’ont pas besoin de s’unir ni de mener une action concertée. La faiblesse démographique des Mongols exclut, de la même façon, qu’ils occupent les territoires conquis.” — Michel Heller