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“Jamais il ne commence une phrase par : La vie, tu verras … Je ne tiens de lui aucune parole de sagesse, aucune recommandation sur l’avenir, aucun cadeau de son expérience. Je ne l’entends pas m’encourager à faire mes premiers pas ni à tenir en équilibre sur un vélo. Il ne m’apprend ni à ma raser ni à planter un clou. Certes, j’entends parler ici ou là des principes fondateurs d’une vie d’homme, des bienfaits du travail, des vertus de la patience et des commandements de l’honnêteté, mais comment les faire siens si aucun être de confiance ne vous les souffle à l’oreille comme un secret dont vous êtes l’unique destinataire ? Même l’idiot, le taiseux, l’égocentrique, le poète ou le tyran, quelles que soient ses valeurs, se sent investi du devoir de les transmettre. Je me serais contenté d’un peu de sens commun, d’un poncif, d’un dicton populaire. Même un proverbe napolitain aurait fait l’affaire.” — Tonino Benacquista