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“— Attendre quoi ? Comment ? — Je l'aime; mais ça passera, ça doit passer, ça ne peut pas ne pas passer; ça passe déjà, je le sens... Comment savoir ? Peut-être ce sera fini aujourd'hui même, parce que je le déteste, parce qu'il s'est moqué de moi, alors que vous, vous avez pleuré avec moi, ici, parce que vous ne m'avez pas rejetée, comme lui, parce que vous m'aimez, et lui, il ne m'aime pas, parce que, moi aussi, à la fin, je vous aime... Oui ! je vous aime ! je vous aime comme vous m'aimez; et je vous l'ai dit moi-même, la première, vous l'avez entendu - et si je vous aime, c'est que vous êtes mieux que lui, que vous êtes plus honnête que lui, c'est parce que lui, lui, lui... La pauvre petite était tellement émue qu'elle ne ter- mina pas sa phrase, elle posa sa tête sur mon épaule, puis sur ma poitrine, et elle pleura amèrement. Je la consolais, j'essayais de lui parler, mais elle n'arrivait pas à s'arrêter; elle ne faisait que me serrer la main et me disait, au milieu de ses sanglots: "Attendez, attendez; je vais arrêter, tout de suite ! Je veux vous dire.. ne croyez pas que ces larmes... ce n'est rien, une faiblesse, attendez, ça va passer..." A la fin, elle cessa, sécha ses larmes et nous nous remîmes à marcher. Je voulais parler, mais elle me demanda encore longtemps d'attendre. Nous nous tûmes... A la fin, elle rassembla tout son courage et se mit à parler...” — Fyodor Dostoevsky