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Quote by Valery Larbaud

“Venise, dix heures du soir (samedi) A bord de la Vénus, Loyd autrichien. On est déjà vraiment en Autriche ; le matelot qui m'a conduit à ma cabine m'a demandé : "Erste Klasse ? ..." Sur la table du salon où j'écris, j'ai des journaux allemands tout autour de moi ; des vues du Tyrol, des visages d'actrices du Trianon-Theater de Berlin. Mon regard, promené au hasard, tombe sur un poème : Blauer Forellenbach La Vénus sous pression tremble toute : on sera demain matin à sept heures à Trieste. La promenade dans les petits coins du navire est toujours amusante ; c'est très propre et très brillant : tout luit, à l'intérieur ; le vernis blanc des cabines, les bois et les glaces des salons, les branches métalliques des lampes. Des avis affichés font penser, rédigés en grec, en serbe, en allemand, en italien, à toute l'activité maritime de l'Adriatique. C'est l'Orient et l'Occident mêlés. Et si l'on se sent en pays allemand au fond de ce steamer, on n'a qu'à remonter sur le pont pour retrouver, tout près, l'Italie. Des gondoles approchent, chargées de passagers et de bagages : les faisceaux des becs électriques au quai des Esclavons, allongeant des reflets blancs sur la lagune pareille à du papier glacé noir, éclairent assez distinctement le Jardin Royal, le palais rose des Doges, la façade rouge du Daniéli, et, en face, la Piazetta. L'embarquement se fait sans bruit ; les gondolent viennent frôler le flanc du navire tourné vers la ville, et les porteurs montent, sans cris, les grosses malles, le long du petit escalier qui pend sur l'eau. De Venise, toujours silencieuse, aucune rumeur ne vient, et les flots sont trop faibles et trop lents pour clapoter ... Pleine de chanteurs, une gondole s'arrête au bas de l'escalier volant. La légère musique italienne : les cordes pincées d'une mandoline, deux voix d'hommes et une voix de femme se mettent à courir de ce brave petit pas alerte et tremblant que l'on connaît si bien.”

Quote by Valery Larbaud

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Work

journal

A compilation of various entries and narratives, offering insights into the personal experiences and thoughts of the author or contributors. more

Author

Valery Larbaud

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“Ils chantent les chansons entendues partout, et dont beaucoup de voyageurs étrangers fredonnent les refrains, en écoutant, debout sur le pont, ils chantent, naturellement, Santa Lucia, Addio, mia bella Napoli, Margherita, mais c'est l'Italie qui nous salue ainsi à notre départ, avec sa musique toute spirituelle, dont on ne sait pas au juste si c'est de la joie contenue ou des larmes prêtes à couler. Minuit sonne à Saint-Marc ; c'est le seul bruit que Venise nous envoie. Les habituels préparatifs de la mise en marche s'accomplissent sans trop de grincement. Un petit torpilleur, avec trois lanternes aux couleurs italiennes, s'est placé derrière la Vénus et, au départ, il nous escorte rasant le bord extrême d'écume blanche que fait l'hélice en mouvement. En mer. Une heure du matin. Je monte sur le pont désert. Les vers de Laforgue Ah! que la nuit est lointainement pleine De silencieuse infinité claire ... Viennent naturellement à l'esprit : la pleine lune, dans le ciel pur, confond la mer et le ciel en une même teinte grise, transparente et délicate. On ne voit plus rien de la côte, qu'un phare lointain, sur la gauche. Le petit torpilleur avec ses lumières verte, blanche et rouge, ne nous suit plus. Le navire est tout seul dans la vaste clarté lunaire.”

“I have noticed that a lot of literary critics are bothered by the mixing of genres; indeed, some of them are so easily offended in this regard that they experience distress when faced with trifles like the use in a passage of fiction of concepts of theory (as if there were some fundamental difference between stories of people, animals, plants and objects on the one hand and stories of concepts on the other). What a torture it would be for them to read the island’s Book, in which it is common for a lyrical passage to give way to several pages of description related in chemical formulae!”

“Hmm? It's sort of a hunch... I just knew when I saw your eyes... I can't come up with cool words to describe it. Well. To put it simply...' After deliberating, he finally said the words that are likely to come from the wizards in a fairy-tale. 'I can do anything.”