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Quote by Martine Delvaux

“À quoi ressemblerait une ville non sexiste ? demandait Dolores Hayden. À des espaces communs et coopératifs (des immeubles d’habitation construits autour de cours intérieures, ou des quartiers où il est possible de faire du covoiturage), des rues et des parcs sécuritaires, c’est-à-dire accessibles et bien éclairés, des réseaux de transport collectif (métro, autobus, vélos) aux horaires agencés et adaptés aux vies des femmes, plus à même de se déplacer plusieurs fois par jour (elles sont encore souvent responsables des tâches domestiques, des soins à donner, en plus du travail salarié, et sont plus fréquemment pigistes que leurs pairs). À Vienne, en 1993, des urbanistes ont développé le projet Frauen-Werk-Stadt (Femmes-Travail-Ville), élaborant des immeubles à logements, où on trouvait aussi des garderies, des pharmacies, des cliniques médicales. La Ville de Vienne elle-même, prenant le relais, a élargi les trottoirs, éclairé les sentiers et les ruelles, redessiné les parcs afin qu’on puisse y circuler en sécurité.”

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Le boys club

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Martine Delvaux

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“Ces oppositions épidermiques montrent que les deux parties en présence se méconnaissent et caricaturent leur adversaire. C'est compliqué et douloureux. Par tempérament, par pragmatisme (l'union fait la force), par méfiance aussi à l'égard d'une culture politique française très marquée par la conflictualité, féminisme inclus, je n'ai pas envie de faire l'éloge de la querelle, je ne veux pas l'entretenir. L'une des caractéristiques contemporaines est la fin du paradigme universaliste. Les recherches sur l'histoire des femmes y ont contribué, en montrant l'exclusion des femmes de l'universel, un universel qui se réduit donc à une minorité s'octroyant des droits refusés à la majorité de la population. [...] Vous insistez sur les "querelles" et c'est ainsi que le féminisme est approché par les médias, toujours. Cette insistance n'est-elle pas suspecte? Ne fait-elle pas le jeu des adversaires? Pour contribuer à la convergence des luttes, il faudrait peut-être aussi penser à ce qui réunit. Sur la notion d'importation, il faudrait aussi un peu réfléchir car c'est en tant que produit d'origine étrangère que le féminisme a été combattu en France dès le XIXe siècle. C'est une méthode commode pour disqualifier des idées et des pratiques que l'on veut combattre.”

“Je voudrais pouvoir porter plainte, mais je suis furieuse de n’avoir d’autre recours que celui que m’impose la justice. […] Je voudrais un monde où il serait possible de reconnaître que la vertu de la victime est une fiction, un confort, une arnaque, qu’on peut être prise pour cible sans être irréprochable, qu’on peut avoir menti, traîné, pesté, et joui sans porter la moindre responsabilité de ce qui nous est arrivé. Je voudrais que l’on écoute les plaintes auxquelles il manque des morceaux. Les amnésiques, les bordéliques, les timides et les névrotiques, celles qui ont peur, celles qui ont mal, ne savent plus ou ne veulent plus savoir, celles qui ne veulent pas de réparation, n’en attendent plus, celles qui parlent pour en finir et celles qui veulent juste être prises dans les bras de quelqu’un. Je voudrais que les juges se rappellent un peu, parfois, qu’on a souvent davantage envie d’un regard que d’une sanction pénale. Il ne s’agit pas de punir. Il s’agirait de me guérir.”