“On a pu remarquer que Cl. Bernard use indifféremment de deux expressions qui sont variations quantitatives et différences de degré, c’est-à-dire en fait de deux concepts, homogénéité et continuité, du premier implicitement, du second expressément. Or, l’utilisation de l’un ou de l’autre de ces concepts n’entraîne pas les mêmes exigences logiques. Si j’affirme l’homogénéité de deux objets je suis tenu de définir au moins la nature de l’un des deux, ou bien quelque nature commune à l’un et à l’autre. Mais si j’affirme une continuité, je puis seulement intercaler entre des extrêmes, sans les réduire l’un à l’autre, tous les intermédiaires dont j’ai la disposition, par dichotomie d’intervalles progressivement réduits. C'est si vrai que certains auteurs prennent prétexte de la continuité entre la santé et la maladie pour se refuser à définir l'une ou l'autre. Il n'existe pas, disent-ils, d'état normal complet, pas de santé parfaite. Cela peut vouloir dire qu'il n'y a que des malades. Molière et Jules Romains ont montré plaisamment quel genre de iatrocratie peut justifier cette affirmation. Mais cela pourrait aussi bien signifier qu'il n'y a pas de malades, ce qui n'est pas moins absurde. On se demande si en affirmant sérieusement que la santé parfaite n'existe pas et que par suite la maladie ne saurait être définie, des médecins ont soupçonné qu'ils ressusciteraient purement et simplement le problème de l'existence du parfait et l'argument ontologique.” MaladieSantéContinuitéHomogénéité Book:The Normal and the Pathological Source: The Normal and the Pathological
“C'est en identifiant réalité et quantité que l'esprit humain s'est fait connaissance. Mais il convient de ne pas oublier que la connaissance scientifique, en invalidant des qualités qu'elle fait apparaître illusoires, ne les annule pas pour autant. La quantité c'est la qualité niée, mais non la qualité supprimée.” QualitéContinuitéHomogénéitéQuantité Book:The Normal and the Pathological Source: The Normal and the Pathological
“Les lois de la physique et de la chimie ne varient pas selon la santé ou la maladie. Mais ne pas vouloir admettre d'un point de vue biologique que la vie ne fait pas de différence entre ses états, c'est se condamner à ne pas même pouvoir distinguer un aliment d'un excrément. Certes, l'excrément d'un vivant peut être aliment pour un autre vivant, mais non pour lui. Ce qui distingue un aliment d'un excrément ce n'est pas une réalité physico-chimique, c'est une valeur biologique.” ValeurHomogénéitéVariété Book:The Normal and the Pathological Source: The Normal and the Pathological