Quotessence
Home / Books / To Have a Center

To Have a Center

Book by Frithjof Schuon · 4 quotes · Nietzsche, Sleeping Beauty, Snow White

Filter quotes by topic

To Have a Center Quotes

“Nothing is easier than to be original thanks to a false absolute, all the more so when this absolute is negative, for to destroy is easier than to construct. Humanism is the reign of horizontality, either naive or perfidious; and since it is also — and by that very fact — the negation of the Absolute, it is a door open to a multitude of sham absolutes, which in addition are often negative, subversive, and destructive. It is not too difficult to be original with such intentions and such means; all one needs is a little imagination. It should be noted that subversion includes not only philosophical and moral schemes designed to undermine the normal order of things, but also — in literature and on a seemingly harmless plane — all that can satisfy an unhealthy curiosity: namely all the narrations that are fantastic, grotesque, lugubrious, "dark," thus satanic in their way, and well-fitted to predispose men to all excesses and all perversions; this is the sinister side of romanticism. Without fearing in the least to be "childlike" or caring in the least to be "adult," we readily dispense with these somber lunacies, and are fully satisfied with Snow White and Sleeping Beauty.”

“Rien n’est plus facile que d’être original moyennant un faux absolu, et cela l’est d’autant plus quand cet absolu est négatif, car détruire est plus facile que construire. L’humanisme, c’est le règne de l’horizontalité, soit naïve, soit perfide ; comme c’est – par là même – la négation de l’Absolu, c’est également la porte ouverte à une multitude d’absoluités factices, souvent négatives, subversives et destructives par surcroît. Il n’est pas trop difficile d’être original avec de telles intentions et de tels moyens ; il suffisait d’y penser. Remarquons que la subversion englobe, non seulement les programmes philosophiques et moraux destinés à saper l’ordre normal des choses, mais aussi – en littérature et sur un plan apparemment anodin – tout ce qui peut satisfaire une curiosité malsaine : à savoir tous les récits fantasques, grotesques, lugubres, « noirs », donc sataniques à leur façon, et propres à prédisposer les hommes à tous les excès et à toutes les perversions ; c’est là le côté sinistre du romantisme. Sans avoir la moindre crainte d’être « enfant » ni le moindre souci d’être « adulte », nous nous passons volontiers de ces sombres insanités, et nous sommes pleinement satisfaits de Blanche-Neige et de la Belle au bois dormant.”

“Such was also the case with Nietzsche, a volcanic genius if ever there was one. Here, too, there is passionate exteriorization of an inward fire, but in a manner that is both deviated and demented; we have in mind here, not the Nietzschian philosophy, which taken literally is without interest, but his poetical work, whose most intense expression is in part his ‘Zarathustra’. What this highly uneven book manifests above all is the violent reaction of an a priori profound soul against a mediocre and paralyzing cultural environment; Nietzsche’s fault was to have only a sense of grandeur in the absence of all intellectual discernment. ‘Zarathustra’ is basically the cry of a grandeur trodden underfoot, whence comes the heart-rending authenticity – grandeur precisely – of certain passages; not all of them, to be sure, and above all not those which express a half-Machiavellian, half-Darwinian philosophy, or minor literary cleverness. Be that as it may, Nietzsche’s misfortune, like that of other men of genius, such as Napoleon, was to be born after the Renaissance and not before it; which indicates evidently an aspect of their nature, for there is no such thing as chance.”

“Tel fut aussi le cas d'un Nietzsche, génie volcanique s'il en est ; ici encore - mais d'une façon à la fois déviée et démentielle - il y a extériorisation passionnée d'un feu intérieur ; nous pensons ici non à la philosophie nietzschéenne, qui dans sa littéralité est sans intérêt (17), mais à l'oeuvre poétique dont l'expression la plus intense est en partie le "Zarathoustra". Ce que ce livre, d'ailleurs fort inégal, manifeste avant tout, c'est la réaction violente d'une âme a priori profonde contre une ambiance culturelle médiocre et paralysante ; le défaut de Nietzsche, ce fut de n'avoir que le sens de la grandeur en l'absence de tout discernement intellectuel. Le "Zarathoustra" est au fond le cri d'une grandeur piétinée, d'où l'authenticité poignante - la grandeur précisément - de certains passages ; certes non de tous et surtout pas de ceux qui expriment une philosophie mi-machiavélique mi-darwiniste, ou de la petite habileté littéraire.Quoi qu'il en soit, le malheur de Nietzsche - ou celui d'autres hommes géniaux, comme Napoléon - fut d'être né après la Renaissance et non avant ; ce qui marque évidemment un aspect de leur nature, car il n'y a pas de hasard. (17) Cette philosophie aurait pu être un cri d'alarme contre le péril d'un humanitarisme aplatissant et abâtardissant, donc mortel pour le genre humain ; en fait, elle fut un combat contre des moulins à vent en même temps qu'une séduction plus périlleuse”