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Quote by Laetitia Arnould

Work

25 Faubourg Des Étoiles

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Author

Laetitia Arnould

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“Celui qui souffre d'un mal caractérisé n'a pas le droit de se plaindre : il a une occupation. Les grands souffrants ne s'ennuient jamais : la maladie les remplit, comme le remords nourrit les grands coupables. Car toute souffrance intense suscite un simulacre de plénitude et propose à la conscience une réalité terrible, qu'elle ne saurait éluder ; tandis que la souffrance sans matière dans ce deuil temporel qu'est l' ennui n'oppose à la conscience rien qui l'oblige à une démarche fructueuse. Comment guérir d'un mal non localisé et suprêmement imprécis, qui frappe le corps sans y laisser d'empreinte, qui s'insinue dans l'âme sans y marquer de signe ? Il ressemble à une maladie à laquelle nous aurions survécu, mais qui aurait absorbé nos possibilités, nos réserves d' attention et nous aurait laissés impuissants à combler le vide qui suit la disparition de nos affres et l'évanouissement de nos tourments. L'enfer est un havre auprès de ce dépaysement dans le temps, de cette langueur vide et prostrée où rien ne nous arrête sinon le spectacle de l'univers qui se carie sous nos regard. Quelle thérapeutique employer contre une maladie dont nous ne nous souvenons plus et dont les suites empiètent sur nos jours ? Comment inventer un remède à l'existence, comment conclure cette guérison sans fin ? Et comment se remettre de sa naissance ? L'ennui, cette convalescence incurable ...”

“On a pu remarquer que Cl. Bernard use indifféremment de deux expressions qui sont variations quantitatives et différences de degré, c’est-à-dire en fait de deux concepts, homogénéité et continuité, du premier implicitement, du second expressément. Or, l’utilisation de l’un ou de l’autre de ces concepts n’entraîne pas les mêmes exigences logiques. Si j’affirme l’homogénéité de deux objets je suis tenu de définir au moins la nature de l’un des deux, ou bien quelque nature commune à l’un et à l’autre. Mais si j’affirme une continuité, je puis seulement intercaler entre des extrêmes, sans les réduire l’un à l’autre, tous les intermédiaires dont j’ai la disposition, par dichotomie d’intervalles progressivement réduits. C'est si vrai que certains auteurs prennent prétexte de la continuité entre la santé et la maladie pour se refuser à définir l'une ou l'autre. Il n'existe pas, disent-ils, d'état normal complet, pas de santé parfaite. Cela peut vouloir dire qu'il n'y a que des malades. Molière et Jules Romains ont montré plaisamment quel genre de iatrocratie peut justifier cette affirmation. Mais cela pourrait aussi bien signifier qu'il n'y a pas de malades, ce qui n'est pas moins absurde. On se demande si en affirmant sérieusement que la santé parfaite n'existe pas et que par suite la maladie ne saurait être définie, des médecins ont soupçonné qu'ils ressusciteraient purement et simplement le problème de l'existence du parfait et l'argument ontologique.”