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Quote by Arda Öngören

Work

Vitriol: Yeni Çağın Şafağı

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Author

Arda Öngören

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“Secondly, this text will often refer to the “collapse of compassion” effect. It has been repeatedly demonstrated that humans care more about animals when they are presented as named individuals, rather than when they are shown in groups (Payne 2010). Generally, the more victims a tragedy has, the less humans will care, and the less-likely they are to donate their time or money to help solve the situation (Payne 2010; Cameron et al. 2011: 1). This is termed the “collapse of compassion” Effect.”

“De même que dans le cadre du schéma trifonctionnel chrétien, l’ordre brahmanique exprime à sa façon un idéal d’équilibre entre différentes formes de légitimité à gouverner. Dans les deux cas, il s’agit au fond de faire en sorte que la force brute des rois et des guerriers ne néglige pas les sages conseils des clercs et des lettrés, et que le pouvoir politique s’appuie sur les connaissances et le pouvoir intellectuel. Il est intéressant de rappeler que Gandhi, qui reprochait aux Britanniques d’avoir rigidifié les frontières entre castes autrefois fluides, afin de mieux diviser et dominer l’Inde, avait dans le même temps une attitude relativement respectueuse et conservatrice face à l’idéal brahmanique. Certes Gandhi militait pour que la société hindoue devienne moins inégalitaire et plus inclusive vis-à-vis de ses classes les plus basses, en particulier vis-à-vis des shudra et des « intouchables », qui rassemblaient des catégories discriminées plus basses encore que les shudra au sein de l’ordre hindou, placées en marge de la société, parfois du fait d’occupations jugées impropres, liées notamment à l’abattage des animaux et au travail des peaux. Mais Gandhi insistait dans le même temps sur le rôle essentiel joué par les brahmanes, ou tout du moins par ceux qui se comportaient comme tels à ses yeux, c’est-à-dire sans arrogance et sans âpreté, mais au contraire avec bienveillance et grandeur d’âme, en mettant leur sagesse et leurs connaissances de lettrés au service de la société dans son ensemble. Lui-même rattaché au groupe deux-fois-né des vaishya, Gandhi prit dans de nombreux discours publics, en particulier à Tanjore en 1927, la défense de la logique de complémentarité fonctionnelle qui était selon lui à la base de la société hindoue traditionnelle. En reconnaissant le principe de l’hérédité dans la transmission des talents et des occupations, non pas comme règle absolue et rigide mais comme un principe général pouvant admettre des exceptions individuelles, le régime des castes permettait selon lui de donner une place à chacun, et d’éviter la compétition généralisée entre groupes sociaux, la guerre de tous contre tous, et en particulier la guerre des classes à l’occidentale . Surtout, Gandhi se méfiait plus que tout de la dimension anti-intellectuelle des discours antibrahmaniques. Il considérait que la sobriété et la sagesse des lettrés, vertus auxquelles il se rattachait par sa pratique personnelle (bien que non-brahmane lui- même), étaient des qualités sociales indispensables pour l’harmonie générale. Il se méfiait aussi du matérialisme occidental et de son goût immodéré pour l’accumulation de richesses et de pouvoir.”

“Ambedkar, premier intouchable diplômé en droit et en économie de l’université Columbia et de la London School of Economics, et futur rédacteur de la Constitution indienne de 1950, éprouva quant à lui les plus grandes difficultés à exercer comme avocat dans l’Inde des années 1920. Il contribua à lancer le mouvement des dalits (« cassés » en sanskrit, ainsi qu’Ambedkar proposait d’appeler les ex-intouchables) et brûla publiquement le Manusmriti en 1927 lors des grands rassemblements dalits à la citerne de Chavadar (Maharashtra). Ambedkar invita plus tard les dalits à se convertir au bouddhisme : il était convaincu que seule une remise en cause radicale du système religieux hindou permettrait de détruire celui des castes et de mettre fin aux discriminations anciennes. Il s’opposait vigoureusement à Gandhi, qui à l’inverse jugeait très irrespectueux de brûler le Manusmriti. Gandhi défendait les brahmanes et l’idéal de solidarité fonctionnelle des varnas, et appelait les harijan (« enfants de dieu », ainsi qu’il nommait les intouchables) à prendre toute leur place au sein de l’hindouisme. Aux yeux de nombreux Indiens de haute caste, cela signifiait aussi et surtout adopter un comportement et des normes familiales, alimentaires et hygiéniques plus proches de la pureté que les classes élevées entendaient incarner (un peu à la façon des mouvements paternalistes bourgeois de l’Angleterre victorienne visant à encourager la sobriété et les comportements vertueux parmi les classes laborieuses). Certains deux-fois-nés proches de Gandhi allèrent jusqu’à proposer aux intouchables, aux aborigènes et même aux musulmans une conversion symbolique à l’hindouisme pour marquer leur retour plein et entier dans la communauté hindoue et leur entrée dans une vie pure.”