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Quote by Delphine de Vigan

“L'écriture doit être une recherche de vérité, sinon elle n'est rien. Si à travers l'écriture tu ne cherches pas à te connaitre, à fouiller ce qui t'habite, ce qui te constitue, à rouvrir tes blessures, à gratter, creuser avec les mains, si tu ne mets pas en question ta personne, ton origine, ton milieu, cela n'a pas de sens. Il n'y a d'écriture que l'écriture de soi. Le reste ne compte pas.”

Quote by Delphine de Vigan

Work

D'après une histoire vraie

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Author

Delphine de Vigan
Delphine de Vigan

Delphine de Vigan is a French novelist born on March 1, 1966. Known for her in-depth exploration of personal privacy and moral dilemmas, her works include 'Blue' and 'A Secret Life'. more

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“De guiche. "Portez-les-lui." Cyrano, tenté et un peu charmé. "Vraiment…" De guiche. "Il est des plus experts. Il vous corrigera seulement quelques vers…" Cyrano, dont le visage s’est immédiatement rembruni. "Impossible, Monsieur ; mon sang se coagule En pensant qu’on y peut changer une virgule." De guiche. "Mais quand un vers lui plaît, en revanche, mon cher, Il le paye très cher." Cyrano. "Il le paye moins cher Que moi, lorsque j’ai fait un vers, et que je l’aime, Je me le paye, en me le chantant à moi-même !" De guiche. "Vous êtes fier." Cyrano. "Vraiment, vous l’avez remarqué ?”

“Tout le monde est contraint de trouver de l’argent pour vivre. Personne n’est obligé d’écrire. Cette absence de contrainte apparente plus l’écrivain à un enfant qui joue, qu’à un homme qui travaille – même si ce jeu est nécessaire à la vie pour continuer d’être vivante. S’il y a un lien entre l’artiste et le reste de l’humanité, et je crois qu’il y a un lien, et je crois que rien de vivant ne peut être créé sans une conscience obscure de ce lien-là, ce ne peut être qu’un lien d’amour et de révolte. C’est dans la mesure où il s’oppose à l’organisation marchande de la vie que l’artiste rejoint ceux qui doivent s’y soumettre.”

“Et vous, oui vous ! mon cher lecteur ! Vous vous prélassez bien au chaud, sur votre coussiège favori ou dans la cathèdre de votre cabinet de lecture, en tournant d'une main indolente les pages de ce volume où je risque bien de perdre ma santé, ma vie, sans compter ma réputation. Est-ce que vous mesurez seulement que j'ai sué, d'angoisse et de labeur, sur l'ouvrage que vous avez le culot de parcourir comme un conte divertissant ? Vous vous rendez compte de ce que je risque, à vous dévoiler ainsi les dessous de la politique ciudalienne ? Vous croyez peut-être que je fais ça uniquement par plaisir ? Ou par malveillance ? Vous croyez qu'on accouche d'un pavé pareil seulement pour l'agrément de cafarder ? Tant de légèreté, tiens, ça me dégoute ! Alors pour l'épopée du sorcier et de ses deux primates, vous repasserez. Moi, j'en ai ma claque, de l'historiographie ! Et estimez-vous heureux que je vous raconte la fin de mon histoire à moi ! Face à tant d'ingratitude, je pourrais bien tout laisser en plan !”

“Laura ne semble pas se douter de sa puissance ; pour moi qui pénètre dans le secret de mon cœur, je sais bien que jusqu’à ce jour, je n’ai pas écrit une ligne qu’elle n’ait indirectement inspirée. Près de moi, je la sens enfantine encore, et toute l’habileté de mon discours, je ne la dois qu’à mon désir constant de l’instruire, de la con-vaincre, de la séduire. Je ne vois rien, je n’entends rien, sans penser aussitôt : qu’en dirait-elle ? J’abandonne mon émotion et ne connais plus que la sienne. Il me pa-raît même que si elle n’était pas là pour me préciser, ma propre personnalité s’éperdrait en contours trop vagues ; je ne me rassemble et ne me définis qu’autour d’elle. Par quelle illusion ai-je pu croire jusqu’à ce jour que je la façonnais à ma ressemblance ? Tandis qu’au contraire c’est moi qui me pliais à la sienne ; et je ne le remarquais pas ! Ou plutôt : par un étrange croisement d’influences amoureuses, nos deux êtres, réciproquement, se déformaient. Involontairement, inconsciem-ment, chacun des deux êtres qui s’aiment se façonne à cette idole qu’il contemple dans le cœur de l’autre… Quiconque aime vraiment renonce à la sincérité.”