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Phoenix Pharell Biography

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“Dès l’instant où la porte s’ouvrit, je me tendis. J’eus l’étrange sensation que l’air se modifiait et le silence éloquent de mon visiteur me fit hausser les sourcils. Allons bon, il me faisait la gueule ? — Si tu ne voulais pas me parler en venant ici, va jouer au muet ailleurs. Le ricanement grave qui emplit l’espace me fit sursauter. Je savais à présent que ce n’était pas Rafayel, mais un homme à qui je n’aurais jamais pensé adresser la parole, qui se tenait à quelques pas de moi. — Yphaëlle, tu es toujours aussi aimable quand tu t’adresses à une personne pour la première fois ? Je haussai les sourcils face à cette voix grave qui s’était enroulée autour de mon prénom. — Toujours, répondis-je en me retournant vers lui. Et tu débarques toujours à moitié vêtu dans la chambre d’une inconnue ? Il me fit un sourire malicieux qui creusa des fossettes dont je ne soupçonnais pas l’existence. — Toujours. À la bonne heure, un comique. Je détaillai l’homme, bien plus grand et mieux bâti que Rafayel et dont la peau était légèrement basanée, qui me faisait face et je croisais les bras. Il ne portait que l’ample pantalon en tissu noir qui montrait son appartenance à ma caste, laissant ainsi son ventre plat et bien sculpté à qui voudrait regarder.”

“Anastase passa son pouce sur ma lèvre inférieure ; ses traits virils, son regard pénétrant me brûlait. — Laisse-toi aller, Mikhaïl. Personne ne surveille tes faits et gestes. Personne ne dira rien ni ne te jugera. Sois toi-même, abaisse tes barrières. J’inspirai profondément et collai sa mèche de cheveux à mon nez, m’apaisant. — Vivre dans un fort n’est pas vivre, les plus belles sensations sont celles de pleine liberté. Tu peux toucher qui tu veux. Rire avec qui cela te plaît. Agir comme un enfant si c’est ce dont tu as envie. Je plissai le nez. — Non merci, je laisse ça à Matt et Jimmy, deux enfants, c’est bien assez à gérer. Nous sourîmes tous deux. Le brun me posa un baiser sur la joue, et peu de temps après, la porte s’ouvrit à nouveau. — Hey ! Moi aussi je veux des câlins !”

“Mettant le téléphone sur haut-parleur, je tentai de lui envoyer ma localisation géographique, avant d’abandonner et de lui décrire où j’étais, pas sûr à cent pour cent de ce que je racontais. Ce n’était que maintenant que je me rendais compte que je n’avais pas la moindre foutue idée du nom du quartier. — T’as pas mieux comme description ? Parce que, « une allée de lampadaires », ça n’aide pas. Je ricanai. Il exagérait. J’avais tout bien détaillé. J’avais même donné le nom du bar accroché à l’écriteau. Enfin, si j’avais bien lu. Je le taquinai : — Oh… Le traqueur ne l’est donc que de nom ? — T’es sûr de vouloir me provoquer ? — J’irai même jusqu’à pimenter le tout : si tu me retrouves en moins de trente minutes, je t’accorde un vœu. — Putain de génie.”

“« Maman, pourquoi elle pleure ? » Ma mère avait reniflé, et comme je ne voyais pas son visage, j’avais cru qu’elle avait attrapé froid. « Parce que son petit garçon ne reviendra pas. » Elle s’était tournée pour me dire cela en caressant mes cheveux du bout des doigts. Elle avait toujours apprécié mes boucles. Aussi douces que le poil d’un lapin selon elle. Les stries aqueuses sur son maquillage m’avaient interpellé. « Et toi maman, pourquoi tu pleures ? » Un gros sanglot avait franchi les lèvres de ma mère. Elle ne m’avait pas répondu, néanmoins, j’avais saisi par moi-même. Ses yeux avaient semblé parler pour elle : « Parce que j’ai peur pour toi. »”

“Elle ne répondit pas immédiatement, se contentant de masser mon cuir chevelu. J’étais sur le point de m’endormir à même le sol, la nuque contre ses genoux, lorsqu’elle souffla : — J’aimerais que tu vives ta vie comme un grand frisson. Le courage ne réside pas dans l’absence absolue de peur. Craindre, c’est ressentir et sentir c’est vivre. J’aimerais que tu retires ces chaînes autour de toi, que tu t’autorises à aimer, à être heureux. Elle me redressa un peu et se décala pour encadrer mes joues de ses mains. Ses pouces caressèrent avec lenteur mes pommettes. Apaisé, je fermai les paupières. — Tu ne peux pas éternellement rester à bord de l’avion, Mikhaïl. Il faudra que tu prennes ce parachute et que tu sautes de toi-même. Stagner n’est pas vivre. Sauter n’est pas mourir.”