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Quote by Simone de Beauvoir, Le deuxième sexe 1

“Si on admet que la conscience inessentielle est elle aussi une subjectivité translucide, capable d'opérer le Cogito, on admet qu'elle est en vérité souveraine et qu'elle retourne à l'essentiel ; pour que toute réciprocité apparaisse impossible, il faut que l'Autre soit pour soi un autre, que sa subjectivité même soit affectée par l'altérité ; cette conscience qui serait aliénée en tant que conscience, dans sa pure présence immanente, serait évidemment Mystère ; elle serait Mystère en soi du fait qu'elle le serait pour soi; elle serait le Mystère absolu.”

Quote by Simone de Beauvoir, Le deuxième sexe 1

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Simone de Beauvoir, Le deuxième sexe 1

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“Le fait qu'une femme soit une femelle ne « réduit » pas son humanité en la transformant en un ensemble de partie du corps (contrairement à ce qui se passe, par exemple, lorsqu'on appelle les femmes des « personnes à utérus » ou des "personnes à vagin »). Il n'y a rien d'intrinsèquement « limitatif » ou « réducteur » dans le fait d'être perçue comme une femelle humaine, à moins que vous ne pensiez qu'« être femelle » constitue un état intrinsèquement limité ou diminué. Mais pensez cela, à mon avis, relève de la misogynie.”

“[...] c'est qu'on accuse l'ensemble des féministes d'être de mèche avec le chien, et ce n'est pas tout à fait faux car les femmes qui se battent pour voter ne comprennent souvent pas pourquoi déclarer les guerres, fabriquer les lois et violer les femmes, cela ne suffit pas à contenter les hommes, pourquoi il leur faut de surcroit démembrer les animaux qu'ils croisent; ce que nombre d'entre elles comprennent, par contre, c'est que la force mâle qui meurtrit le corps des femmes et celui des bêtes est la même, que cette force dit de la femme qu'elle est une chienne et des bêtes qu'elles sont autant de biens, que cette force décrète ce qui mérite ou non de vivre et surtout à quelle place, que cette force conquiert la viande par son fusil ou par son sexe droit - instruites de ce savoir acquis dans la blessure et l'ombre, ces femmes ouvrent grand la nuit en s'écriant: le sang ne passera pas par nous!”

“J'entends souvent dire qu'un moyen imbattable contre les regards irrespectueux et déshabillants serait de regarder certaines parties du corps de l'agresseur avec insistance. Mais le regard ainsi rendu a de fortes chances de ne pas être interprété de a même façon par l'agresseur que par la victime, et encore moins s'il s'agit d'attouchements dérangeants... La raison est qu'une agression n'a pas lieu dans le vide, qu'il y a toujours tout un système sociétal de normes, de valeurs et de mœurs qui permettent ou interdisent la transgression et qui font qu'agresseur et victime l'interprètent ou non comme une agression. Souvent, il s'agit d'une situation sociale inégale entre agresseur et victime, comme par exemple dans le cas du harcèlement sexuel au travail. Dans ce système, le renversement de l'agression dans l'autre sens ne peut pas fonctionner car le "miroir" n'est pas soutenu par le même système sociétal. Nous pouvons comprendre une blague sur les belle-mères méchantes, même quand nous ne la trouvons pas drôle, parce qu'il y a toute une imagerie partagée sur ce thème. Par contre une blague sur un beau-père serait incompréhensible car ce même cadre de référence fait défaut. Une femme qui regarde avec insistance l'entrejambe d'un homme ne sera que rarement interprétée comme étant une harceleuse sexuelle, mais plutôt comme une nymphomane ou une prostituée.”

“Qu'attendent les femmes pour se lever et crier "Assez !" Trop d'entre elles consentent à leur oppression. Cela paraît insensé, bien sûr, mais religion et culture se liguent depuis des siècles pour fonder ce consentement mû en complicité. Victimes d'enfermement, elles se laissent leurrer par les fleurs de leur maître, ses hymnes à la fée du logis, ses éloges à la déesse de leur cœur. [...] Le trône est une prison, elles le découvrent très vite mais s'y résignent, cherchant désespérément à y trouver quelque avantage pour éviter la blessure, sauver l'honneur, sauver leur peau, quitte à entretenir et reproduire le système. Complices, donc. Et c'est terrible. Le sort des femmes n'échappe pas à la règle qui perpétue les grandes oppressions de l'Histoire : sans le consentement de l'opprimé -individu, peuple, ou moitié de l'humanité-, ces oppressions ne pourraient durer.”