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Quote by André Gide

“« C’est ainsi qu’elle m’a donné le change. Sa pensée accompagnait partout la mienne. J’admirais son goût, sa curiosité, sa culture et je ne savais pas que ce n’était que par amour pour moi qu’elle s’intéressait si passionnément à tout ce dont elle me voyait m’éprendre. Car elle ne savait rien découvrir. Chacune de ses admirations, je le comprends aujourd’hui n’était pour elle qu’un lit de repos où allonger sa pensée contre la mienne ; rien ne répondait en ceci à l’exigence pro-fonde de sa nature. “Je ne m’ornais et ne me parais que pour toi”, dira-t-elle. Préci-sément j’aurais voulu que ce ne fût que pour elle et qu’elle cédât, ce faisant, à quelque intime besoin personnel. Mais de tout cela, qu’elle ajoutait à elle pour moi, rien ne restera, pas même un regret, pas même le sentiment d’un manque. Un jour vient où l’être vrai reparaît, que le temps lentement déshabille de tous ses vête-ments d’emprunt ; et, si c’est de ces ornements que l’autre est épris, il ne presse plus contre son cœur qu’une parure déshabitée, qu’un souvenir… que du deuil et du désespoir. « Ah ! de combien de vertus, de combien de perfections l’ai-je ornée !”

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Work

The Counterfeiters

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Author

André Gide

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“Non ci so proprio fare con le promesse" si disse, pensando a tutte quelle che aveva fatto in passato, a se stessa, agli altri, a suo marito. Pensò a quanto si era sentita invincibile nei confronti della vita, quando le aveva pronunciate. Invece era stata la vita a essere invincibile e a ripresentare, ogni volta, i conti lasciati in sospeso. Con quanta umiltà andrebbero fatte le promesse, pensò, invece ne facciamo sempre tante e nel farle ci sopravvalutiamo. Pensiamo di essere pronti a tutto pur di mantenerle. Poi con il tempo, tra le promesse, compare la parola "tranne" ed è questa che cambia le cose. Sono pronta a tutto tranne a star male, tranne a rinunciare, tranne a calpestare una parte di me, tranne a fare a meno di qualcosa che amo. Tranne, tranne, tranne... finché la promessa diventa un souvenir impolverato del passato.”

“Celui qui souffre d'un mal caractérisé n'a pas le droit de se plaindre : il a une occupation. Les grands souffrants ne s'ennuient jamais : la maladie les remplit, comme le remords nourrit les grands coupables. Car toute souffrance intense suscite un simulacre de plénitude et propose à la conscience une réalité terrible, qu'elle ne saurait éluder ; tandis que la souffrance sans matière dans ce deuil temporel qu'est l' ennui n'oppose à la conscience rien qui l'oblige à une démarche fructueuse. Comment guérir d'un mal non localisé et suprêmement imprécis, qui frappe le corps sans y laisser d'empreinte, qui s'insinue dans l'âme sans y marquer de signe ? Il ressemble à une maladie à laquelle nous aurions survécu, mais qui aurait absorbé nos possibilités, nos réserves d' attention et nous aurait laissés impuissants à combler le vide qui suit la disparition de nos affres et l'évanouissement de nos tourments. L'enfer est un havre auprès de ce dépaysement dans le temps, de cette langueur vide et prostrée où rien ne nous arrête sinon le spectacle de l'univers qui se carie sous nos regard. Quelle thérapeutique employer contre une maladie dont nous ne nous souvenons plus et dont les suites empiètent sur nos jours ? Comment inventer un remède à l'existence, comment conclure cette guérison sans fin ? Et comment se remettre de sa naissance ? L'ennui, cette convalescence incurable ...”