“« C’est ainsi qu’elle m’a donné le change. Sa pensée accompagnait partout la mienne. J’admirais son goût, sa curiosité, sa culture et je ne savais pas que ce n’était que par amour pour moi qu’elle s’intéressait si passionnément à tout ce dont elle me voyait m’éprendre. Car elle ne savait rien découvrir. Chacune de ses admirations, je le comprends aujourd’hui n’était pour elle qu’un lit de repos où allonger sa pensée contre la mienne ; rien ne répondait en ceci à l’exigence pro-fonde de sa nature. “Je ne m’ornais et ne me parais que pour toi”, dira-t-elle. Préci-sément j’aurais voulu que ce ne fût que pour elle et qu’elle cédât, ce faisant, à quelque intime besoin personnel. Mais de tout cela, qu’elle ajoutait à elle pour moi, rien ne restera, pas même un regret, pas même le sentiment d’un manque. Un jour vient où l’être vrai reparaît, que le temps lentement déshabille de tous ses vête-ments d’emprunt ; et, si c’est de ces ornements que l’autre est épris, il ne presse plus contre son cœur qu’une parure déshabitée, qu’un souvenir… que du deuil et du désespoir. « Ah ! de combien de vertus, de combien de perfections l’ai-je ornée !”
Quote by André Gide
Book:The Counterfeiters
Work
The Counterfeiters
Browse quotes and source details for this work. more
Author
You May Also Like
Source: Le Sablier
Source: Camille, mon envolée
Source: Nuvole di polvere e diamanti senza nome
Source: Brodeck
Source: The Wandering Earth
Source: Un Jour
“Harriett est floue en automne. C'est la faute des feuilles mortes, ça fait glisser les souvenir.”
Source: Les guerres précieuses
Source: 25 Faubourg Des Étoiles
“Et une fois fermés, ce dont se souviennent tes yeux s'appelle éternité.”
Source: Les Mondes de Yaxin - Le Jour de la licorne
Source: Précis de décomposition