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Deuil Quotes

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Deuil Quotes

“- C'est bizarre que nous, qui sommes sur une île, nous ne mettions pas nos morts sur des barques, la nuit, comme ça la mer les emporterait au loin et nous resterions à regarder les feux qui disparaissent à l'horizon de la vie. - Les cimetières existent parce que savoir que le mort est dans un endroit précis est une consolation. - D'accord, mais quel autre endroit pourrait être plus précis que le cœur ?”

“A cet égard , je trouve cela curieux l’amour d’une mère. C’est quelque chose qui vous contient tout entier, durant neuf mois - puis qui vous lâche. Pas le choix – ni pour elle, ni pour vous. Ensuite, c’est du soin constant, puis du souci. De la joie aussi – enfin j’imagine… Puis un jour, plus rien. Je veux dire : l’un des deux corps disparaît, le regard par lequel on était sans doute attaché l’une à l’autre, la mère et l’enfant, n’a plus lieu d’être, plus rien à quoi s’accrocher. C’est l’espace qui s’ouvre à la place – tout entier. C’est une libération peut être. Je n’en sais rien en fait.”

“Lorsque votre travail de deuil progresse, une énergie intérieure, souvent à peine perceptible, s'active pour réparer tout votre être. Ce travail obscur s'effectue même durant les périodes où vous avez l'impression que rien ne bouge. Cependant, on peut dire que vous êtes sur la bonne voie lorsque vous prenez conscience que vous pleurez sur « vous » et non sur la personne qui n'est plus.”

“Le plus terrifiant dans la mort, ce n’est pas l’incertitude, c’est de savoir qu’on disparaît aux yeux du monde. Alors, permets-moi d’exister aux tiens : ne m’oublie pas. Malgré toutes tes existences passées et tes vies futures, malgré les aléas de tes incroyables aventures, de ton passé tragique et de ton avenir secret, de tes tribulations entre ici et là-bas, malgré tous les destins croisés et les personnalités qui auront marquées ton quotidien, rappelle-toi de la fillette que tu fascinais tant et de la femme qui a été ton alliée, ta confidente et ton amie durant ces derniers jours.”

“Dans un coin de la cuisine, une couronne de fleurs fanées lutte pour sortir de la poubelle. Will traverse la pièce, enfonce le couvercle. À ses pieds, les pétales qui dépassaient, brisés, chutent en silence sur le carrelage froid. Il se laisse tomber sur une chaise en leur jetant un regard haineux. On lui a dit que les chrysanthèmes ne fanaient pas.”

“Nul ne peut imaginer le nombre de fois où il faut déclarer être veuf une fois que l'on est veuf, pour régler le juste-après, pour légaliser l'encore-après, pour justifier le maintenant, alors qu'il n'existe aucune case à cocher pour dire que l'on a perdu un enfant. On peut être parricide, infanticide, on peut être orphelin de père ou de mère, mais il n'existe même pas de mot pour nommer ce que tu es précisément. Orphelin de ton fils.”

“Mais, grand-frère, nous le savons tous les deux que ça ne veut rien dire, faire son deuil, que c'est une expression pour les magazines, on continue à marcher avec nos morts sur les épaules, avec nos ombres, et rien d'autre. Nous le savons que, chaque matin, il faut se rassembler, se lever, se mettre en marche, quoi qu'il en coûte. Que la douleur est un archipel dont on n'a jamais fini d'explorer les passes et les courants. Qu'elle est inépuisable. Lente, féroce et patiente comme un fauve.”