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Livres Quotes

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Livres Quotes

“On doit tous être pareils. Nous ne naissons pas libres et égaux, comme le proclame la Constitution, on nous rend égaux. Chaque homme doit être l'image de l'autre, comme ça, tout le monde est content; plus de montagnes pour les intimider, leur donner un point de comparaison. Conclusion ! Un livre est un fusil chargé dans la maison d'à côté. Brûlons-le. Déchargeons l'arme. Battons en brèche l'esprit humain. Qui sait qui pourrait être la cible de l'homme cultivé ?”

“« Ravie de te revoir ! » répondit Lee avec un grand sourire, « Par contre, je dois vraiment aller me coucher. La journée a été longue. » « Ne serait-ce pas là une façon très indélicate de m’inviter à te suivre ? » demanda-t-il, d’un air taquin. Lee lui donna un petit coup de coude et ils éclatèrent de rire. Ils se mirent debout et s’adossèrent à la barrière du pont. « Si je voulais réellement que tu me suives, je ne chercherais pas une manière indélicate de te le faire savoir. » le provoqua Lee. Lee était quelqu’un d’honnête. Elle n’était pas le genre de fille à passer par quatre chemins : si elle voulait quelque chose, elle le disait clairement et l’obtenait par n’importe quel moyen. Particulièrement avec lui. « Je sais, je rigole. J’ai adoré la tête que tu as tirée. Tu sais bien que j’aime bien t’ennuyer… » gloussa-t-il en se rapprochant d’elle et en l’enlaçant à nouveau, « J’ai de nouveaux tatouages depuis la dernière fois. Tu veux les voir ? Je suis sûr que tu les adorerais. »”

“Sorti de la bibliothèque, il serre sous son bras les trésors empruntés. La lumière des réverbères permet de commencer la lecture dans la rue. La psyché du futur philosophe se nourrit de ce monde inédit, méconnu, inconnu. Camus découvre le formidable pouvoir des mots, la magie de la lecture, l'immense puissance des livres. Rentré chez lui, il pose le volume sur la toile cirée de la table de la cuisine, le place sous le rond de lumière de la lampe à pétrole, l'ouvre et le lit. Le monde autour de lui disparaît; il entre de plain-pied dans un univers qui le sauve. Le livre ramasse le monde des antimondes.”

“Elle avait pris l’habitude de laisser la porte entrouverte afin que l’air humide de l’automne se mêle au parfum des livres. Elle avait toujours pensé que l’air automnal et les livres allaient bien ensemble, que les uns comme les autres se mariaient bien avec des plaids, des fauteuils confortables et de grandes tasses de café ou de thé.”

“« Mince alors… » gloussa-t-il bruyamment en buvant une autre gorgée de vin, « J’aurais voulu t’affronter encore une fois. Que c’était excitant ! Toi et moi, quel dangereux duel ! » Il la regarda de la tête aux pieds puis ajouta: « Le duel rêvé. » Et voilà : il était encore une fois narquois et provocateur. Lee essayait d’oublier le passé, pourquoi devait-il encore la narguer ? Comment était-elle censée passer à autre chose ? « Arrête ça… » Elle se mordit la langue, prit une profonde inspiration et évita de lui répondre comme elle l’aurait fait auparavant, « Je suis venue m’excuser pour mon comportement puéril et te remercier pour ton geste. Je veux qu’on soit bien d’accord… Je ne suis pas venue pour devenir ton amie, Ren. » répondit-elle d’un ton ferme. « Je ne t’ai pas demandé d’être mon amie. »”

“La lecture, acte de communication? Encore une blague de commentateurs! Ce que nous lisons, nous taisons. Le plaisir du livre lu, nous le gardons le plus souvent au secret de notre jalousie. Soit parce que nous n'y voyons pas matière a discours, soit parce que, avant d'en pouvoir dire un mot, il nous faut laisser le temps faire son délicieux travail de distillation. Ce silence-la est le garant de notre intimité. Le livre est lu mais nous y sommes encore. Sa seule évocation ouvre un refuge a nos refus.”

“(...) je me suis mis à boire comme d'habitude. Personne ne m'a adressé la parole jusque vers minuit et demi. Alors le père Manseau, resté jusque-là impassible et étranger au débat, s'est mis sur pied, péniblement, parce qu'il souffre de l'arthrite, et s'est approché de ma table. Sa figure bronzée, inexpressive, touchait presque mon oreille. - Je suis au courant de votre histoire, dit-il. Moué, c'est pas de mes affaires. Mais vous êtes nouveau icitte. Moué, ça fait soixante-deux ans que je promène ma carcasse. Eh ben, c'est pas bon pour la santé icitte de contrer les curés. Les ficelles, c'est eux autres qui les ont, vous comprenez... Il hésita quelques secondes puis ajouta en guise d'excuse: - Je dis ça, moué, au fond, personnellement, ça me fait ni chaud ni froid. Le jour, je travaille à la manufacture; le soir, je bois ma bière. Au fond, c'est pas ça qui me dérange. Mais c'est pour vous dire, vous comprenez... Je m'étais levé moi aussi et je m'aperçus que je serrais la main au père Manseau. Je ne sais s'il se rendit compte de mon émotion. Peu probable. Il n'en laissa, en tout cas, rien voir. Sans doute, sa mise en garde ne m'apprenait-elle rien de nouveau. Je savais à quoi m'en tenir. Mais c'était l'intention qui me touchait, le sentiment de fraternité, de solidarité peut-être que le père Manseau avait voulu exprimer - la fraternité d'un simple voisin de table tenu à l'écart par ses concitoyens bien-pensants à cause de son alcoolisme... ll me tira d'embarras en portant deux doigts à la visière de sa casquette de cuir: - À la revoyure, m'sieur Jodoin, pis bonne chance, là. Et il s'éloigna, oscillant, écarquillé, de sa démarche raide de pantin, sans presque plier les genoux. Mon émotion tomba vite; heureusement, car je n'aime pas être ému. D'ailleurs, ayant bu tout mon soûl, j'étais protégé des cinglures du monde extérieur.”

“En considérant cet enchaînement de fondations, de résurrections et de catastrophes, on croit saisir un fil qui relie les divers efforts, en bonne partie vains, du monde hellénistico-romain pour sauver ses livres. Tout commence avec Alexandrie : Pergame, Antioche, Rome, Athènes ne sont que des répliques. La dernière réincarnation aura lieu à Byzance, et ce sera encore une fois une bibliothèque dans un palais : celui de l'empereur et celui du patriarche. Les destructions, les ruines, les saccages, les incendies frappèrent surtout les grands rassemblements de livres, placés, selon la règle, au centre du pouvoir. Les bibliothèques de Byzance ne firent pas non plus exception. C'est pourquoi, ce qui à la fin est resté ne vient pas des grands centres, mais de lieux "marginaux" (les couvents) ou de copies privées sporadiques.”

“Il faut que vous compreniez que notre civilisation est si vaste que nous ne pouvons nous permettre d'inquiéter et de déranger les minorités. (...) Les gens veulent être heureux, d'accord? (...) Les noirs n'aiment pas Little Black Sambo, brûlons le. La Case De L'oncle Tom met les blancs mal à l'aise, brûlons le. Quelqu'un a écrit un livre sur le tabac et le cancer des poumons? Les fumeurs pleurnichent? Brûlons le livre.”

“Les histoires de ma mère, accompagnées de sa voix en colère, amusée, malgré tout reconnaissante à sa jeunesse, faisaient passer mes douleurs. J’oubliais même que j’existais quand elle racontait. J’étais un petit sac vide rempli du souffle de ses histoires. Quand elle en avait assez, elle s’interrompait brusquement. « Maintenant ça suffit. » Le petit sac en papier crevait brusquement. Et je redevenais moi-même.”