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Quote by Jean-Paul Sartre

“Et voilà, mon passé n’est plus qu’un trou énorme. Mon présent: cette bonne au corsage noir qui rêve près du comptoir, ce petit bonhomme. Tout ce que je sais de ma vie, il me semble que je l’ai appris dans des livres.”

Quote by Jean-Paul Sartre

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Jean-Paul Sartre
Jean-Paul Sartre

Jean-Paul Sartre was a French philosopher, writer, and playwright, born on June 21, 1905, and died on April 15, 1980. He is considered one of the most important philosophers of the 20th century, renowned for his existentialist philosophy. Sartre's works spanned across philosophy, literature, and drama, and had a profound impact on later generations. more

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“La lecture, acte de communication? Encore une blague de commentateurs! Ce que nous lisons, nous taisons. Le plaisir du livre lu, nous le gardons le plus souvent au secret de notre jalousie. Soit parce que nous n'y voyons pas matière a discours, soit parce que, avant d'en pouvoir dire un mot, il nous faut laisser le temps faire son délicieux travail de distillation. Ce silence-la est le garant de notre intimité. Le livre est lu mais nous y sommes encore. Sa seule évocation ouvre un refuge a nos refus.”

“(...) je me suis mis à boire comme d'habitude. Personne ne m'a adressé la parole jusque vers minuit et demi. Alors le père Manseau, resté jusque-là impassible et étranger au débat, s'est mis sur pied, péniblement, parce qu'il souffre de l'arthrite, et s'est approché de ma table. Sa figure bronzée, inexpressive, touchait presque mon oreille. - Je suis au courant de votre histoire, dit-il. Moué, c'est pas de mes affaires. Mais vous êtes nouveau icitte. Moué, ça fait soixante-deux ans que je promène ma carcasse. Eh ben, c'est pas bon pour la santé icitte de contrer les curés. Les ficelles, c'est eux autres qui les ont, vous comprenez... Il hésita quelques secondes puis ajouta en guise d'excuse: - Je dis ça, moué, au fond, personnellement, ça me fait ni chaud ni froid. Le jour, je travaille à la manufacture; le soir, je bois ma bière. Au fond, c'est pas ça qui me dérange. Mais c'est pour vous dire, vous comprenez... Je m'étais levé moi aussi et je m'aperçus que je serrais la main au père Manseau. Je ne sais s'il se rendit compte de mon émotion. Peu probable. Il n'en laissa, en tout cas, rien voir. Sans doute, sa mise en garde ne m'apprenait-elle rien de nouveau. Je savais à quoi m'en tenir. Mais c'était l'intention qui me touchait, le sentiment de fraternité, de solidarité peut-être que le père Manseau avait voulu exprimer - la fraternité d'un simple voisin de table tenu à l'écart par ses concitoyens bien-pensants à cause de son alcoolisme... ll me tira d'embarras en portant deux doigts à la visière de sa casquette de cuir: - À la revoyure, m'sieur Jodoin, pis bonne chance, là. Et il s'éloigna, oscillant, écarquillé, de sa démarche raide de pantin, sans presque plier les genoux. Mon émotion tomba vite; heureusement, car je n'aime pas être ému. D'ailleurs, ayant bu tout mon soûl, j'étais protégé des cinglures du monde extérieur.”