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Rêve Quotes

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Rêve Quotes

“O dieses ist das Tier, das es nicht giebt. Sie wußtens nicht und habens jeden Falls – sein Wandeln, seine Haltung, seinen Hals, bis in des stillen Blickes Licht – geliebt. Zwar war es nicht. Doch weil sie’s liebten, ward ein reines Tier. Sie ließen immer Raum. Und in dem Raume, klar und ausgespart, erhob es leicht sein Haupt und brauchte kaum zu sein È questo l’animale favoloso, che non esiste. Non veduto mai, ne amaron le movenze, il collo, il passo: fino la luce dello sguardo calmo. Pure “non era”. Ma perchè lo amarono, divenne. Intatto. Gli lasciavan sempre più spazio. E in quello spazio chiaro, etereo: serbato a lui – levò, leggiero, il capo. And here we have the creature that is not. But they did not allow this , and as it happens - his gait and bearing, his arched neck, even the light in his eyes - they loved it all. Yet truly he was not. But because they loved him the beast was seen. And always they made room. And in that space, empty and unbounded, he raised an elegant head, yet hardly fought for his existence. Oh ! C'est elle, la bête qui n'existe pas. Eux, ils n'en savaient rien, et de toutes façons - son allure et son port, son col et même la lumière calme de son regard - ils l'ont aimée. Elle, c'est vrai, n'existait point. Mais parce qu'ils l'aimaient bête pure, elle fut. Toujours ils lui laissaient l'espace. Et dans ce clair espace épargné, doucement, Elle leva la tête, ayant à peine besoin d'être.”

“Plus je lis les pessimistes, plus j'aime la vie. Après une lecture de Schopenhauer, je réagis comme un fiancé. Schopenhauer a raison de prétendre que la vie n'est qu'un rêve. Mais il commet une inconséquence grave quand, au lieu d'encourager les illusions, il les démasque en laissant croire qu'il existerait quelque chose en dehors d'elles. Qui pourrait supporter la vie, si elle était réelle? Rêve, elle est un mélange de charme et de terreur auquel nous succombons.”

“Comment oublier le monde? Peut-on chercher le bonheur quand tout parle de destruction? Le monde est jaloux, il vient vous prendre, il vient vous retrouver là où vous êtes, au fond d'un ravin, il fait entendre sa rumeur de peur et de haine, il mêle sa violence à tout ce qui vous entoure, il transforme la lumière, la mer, le vent, même les cris des oiseaux. Le monde est dans votre coeur alors, sa douleur vous réveille de votre rêve et vous découvrez que la terre même où vous avez voulu créer votre royaume vous expulse et vous jette à la mer.”

“- Si on est heureux pendant un rêve, Ammu, est-ce que ça compte? demanda Estha. - Qu'est-ce qui compte? - Le bonheur en rêve, est-ce qu'il compte, comme le vrai? Elle savait exactement ce qu'il voulait dire, son fils avec sa banane écrasée. Parce que, à vrai dire, seul ce qui compte est à prendre en compte. Sagesse naïve, incontournable, des enfants. Si on mange du poisson en rêve, est-ce que ça compte? Est-ce que ça veut dire qu'on a vraiment mangé du poisson?”

“L'Arabie a le haschich, la Chine a l'opium. Aujourd’hui, dans l'Occident, on livre son âme au tabac, ce sombre endormeur de la civilisation d'Europe. Le narcotique est l'auxiliaire du despotisme. Le tyran s'efface dans le songe. Les chimères estompent les monstres. Chose triste quand l'homme en vient à se contenter de la liberté de la fumée ! Cette consolation-là est une diminution. Il serait temps de s'en garantir. Quoi qu'il en soit, l'homme rêve.”

“Le rêve est le tuteur du pauvre, et son pourfendeur. Il nous tient par la main, puis il nous tient dans la sienne pour nous larguer quand il veut après nous avoir baladés à sa guise à travers mille promesses. C’est un gros malin, le rêve, un fin psychologue : il sait nous prendre à nos propres sentiments comme on prend au mot un fieffé menteur ; lorsque nous lui confions notre cœur et notre esprit, il nous fausse compagnie au beau milieu d’une déroute, et nous nous retrouvons avec du vent dans la tête et un trou dans la poitrine – il ne nous reste plus que les yeux pour pleurer.”

“Si on bouge sans cesse, on impose un sens, une direction au temps. Mais si on s'arrête en se butant comme un âne au milieu du sentier, si on se laisse emporter par la rêverie, alors même le temps s'arrête et n'est plus ce fardeau qui pèse sur nos épaules. Si on ne le porte pas il verse, il se répand tout autour comme la tache d'encre que ma plume faisait toute seule, droite en équilibre sur le buvard, pour retomber ensuite, vide.”

“Le ciel est d’un bleu limpide. Les orangers n’en finissent pas de se donner la main. L’enfant a douze ans et un cœur en porcelaine. A cet âge de tous les coups de foudre, simplement parce que sa confiance est aussi grande que ses joies, il voudrait croquer la lune comme un fruit, persuadé qu’il n’a qu’à tendre la main pour cueillir le bonheur du monde entier… Et là, sous mes yeux, en dépit du drame qui vient d’enlaidir à jamais le souvenir de cette journée, en dépit des corps agonisant sur la chaussée et des flammes finissant d’ensevelir le véhicule du cheikh, le garçon bondit et, les bras déployés tels des ailes d’épervier, s’élance à travers champs où chaque arbre est une féerie…”

“— Ô Lune Noire, sache que je t’ai attendue. Non, mon attente n’a pas été pieuse et bercée d’une félicitée béate. Mes espoirs, je les ai conservés contre moi en affrontant les tempêtes de la nature. Mes craintes, je les ai endossées avec peine et, souvent, elles m’ont valu d’épouvantables souffrances. Quant à mes croyances, elles chancèlent chaque jour, avançant fébrilement sur la crête d’une montagne acérée. Non, belle Lune Noire, je n’ai pas été le dévot infaillible. J’ai encaissé les douleurs et j’en ai souvent questionné la cause, me demandant si les dieux veillaient vraiment sur l’indigent que je suis... J’ai interrogé l’Océan Céleste, j’ai invoqué le Grand Pêcheur dans les moments de détresse, et j’ai remercié les Constellations Silencieuses lorsque le sort m’était propice. Mais jamais, jamais je n’ai obtenu de réponse. Pas un signe. Pas une faveur, pas une mise en garde. Rien ! Alors j’ai continué à croire et j’ai contemplé chacun de tes croissants. J’ai chéri chaque pas sous l’éclat argenté de ta lumière. Mais, peu à peu, je suis forcé d’admettre que mon regard est tombé et que j’ai plus souvent observé mes pieds que ta robe. Nuit après nuit, ma foi s’est faite ténue… Et je regrette, aujourd’hui, d’avoir parfois pensé que l’interposition ne viendrait pas. Que l’éclipse n’était qu’une fable, qu’un rêve mal placé dans mon esprit puéril. Un rêve idiot qui avait induit les sages en erreur… Comme je regrette ! Comme je suis confus et contrit de découvrir, à présent, que le tort s’était saisi de moi… La puissance de ton ombre est manifeste : Fe’Rah Grundt ne peut que s’incliner ! Quant à ton aura… Quelle… Quelle splendeur ! J’ai devant mes yeux la plus magnifique fantasmagorie qu’il m’ait été donné de voir. C’est tellement plus grandiose que dans mon rêve. Et, plus sublime encore que dans mes tentatives d’imagination éveillée ! L’éclipse… L’éclipse est assurément le tournant de mon existence, j’en suis convaincu. Car même si tu me répudies, même si tu m’ignores, même si tu te contraries de mes paroles et choisis de m’en punir, je serai – Ô superbe Lune Noire – à jamais changé, en mon être tout entier, de t’avoir pu observer. Sur ces paroles fiévreuses et enflammées d’un amour sincère dont il s’ignorait capable, Welihann se tait puis pose un genou à terre. Les yeux brillants, il plonge dans la noirceur du cercle magique et cligne le moins possible des paupières, bien décidé à ne pas en perdre la moindre miette. Le spectacle, d’une beauté enivrante, le transporte et ranime toute sa foi. Il se sent transpercé de légendes, envahi de gloire, porté en avant par les chants des Ancêtres, pénétré par les mille générations l’ayant précédé, ayant foulé ces steppes, ayant grimpé ces concrétions, s’étant faufilés entre les prédécesseurs de ces arbres… Il est Welihann, il est les Anciens, il est le Passé et l’Avenir de son peuple. Il convoie en son être la culture d’une tribu et voyage à dos de rêves sur les épaules du monde. Il n’est plus qu’un avec la Nature et devient, loin, au fond de lui, le messager des Mük’Atah. Le pourvoyeur de Vie, façonné d’Amour et disposé à embrasser la Mort. Il est Welihann, l’enfant au destin différent, l’enfant libre et sans chemin tracé, capable d’ouvrir sous chacun de ses pas, les pages de chapitres interdits, inconnus, impossibles ou désirés. Il est Welihann, l’enfant-homme, l’enfant-frère, le frère-homme que personne n’attend et que tout le monde espère, le prophète malvenu, le maudit habité par la fortune. Il est Welihann et il sait, à présent, combien son destin compte, combien l’éclipse importe. Il est Welihann et il sait que son nom promet et devine que son sort ne sera rien de moins qu’exceptionnel.”

“En France, il y a un énorme poids de la norme, de l’étiquette, de la case dans laquelle il faut entrer et qu’il faut respecter pour toujours. Ne surtout pas sortir du rang, ne pas faire de vagues, ne pas rêver trop fort. Ce que l’on est en droit d’accomplir semble déjà être prédéterminé selon qui l’on est, qui sont nos parents et d’où l’on vient. C’est quelque chose qui m’a toujours paru très détestable. C’est une véritable oppression. Beaucoup de gens feraient des choix différents si on leur donnait la possibilité de se réinventer, d’être eux-mêmes multifacettes, mais en France on n’a pas le droit. La société, la famille, tout le monde sait mieux que vous ce que vous devez faire, qui vous êtes censé être. On a assez de cases dans la société pour ne pas en ajouter en littérature.”