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Quote by Marion Bekoe

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Marion Bekoe

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“I shall have to miss forever some beautiful, wonderful things because of that wretched, lonely childhood. There will always be a lacking, a wanting -- some dead branches that never grew leaves. It is not deaths and murders and plots and wars that make life tragedy. It is day after day, and year after year, and Nothing. It is a sunburned little hand reached out and Nothing put into it.”

“Chaque jour, le maître se contentait de le saluer et commençait son cours. Puis il demeurait invisible le reste de la journée et restait muet lors du dîner. Or, ce matin-là, debout près de la rivière argentée, le vieil aveugle lui dit : — Yuko, tu deviendras un poète accompli lorsque, dans ton écriture, tu intégreras les notions de peinture, de calligraphie, de musique et de danse. Et surtout lorsque tu maîtriseras l’art du funambule. Yuko se mit à sourire. Le maître n’avait pas oublié. — Pourquoi l’art du funambule pourrait-il me servir ? Soseki posa sa main sur l’épaule du jeune homme, comme il l’avait déjà fait un mois plus tôt. — Pourquoi ? En vérité, le poète, le vrai poète, possède l’art du funambule. Écrire, c’est avancer mot à mot sur un fil de beauté, le fil d’un poème, d’une œuvre, d’une histoire couchée sur un papier de soie. Écrire, c’est avancer pas à pas, page après page, sur le chemin du livre. Le plus difficile, ce n’est pas de s’élever du sol et de tenir en équilibre, aidé du balancier de sa plume, sur le fil du langage. Ce n’est pas non plus d’aller tout droit, en une ligne continue parfois entrecoupée de vertiges aussi furtifs que la chute d’une virgule, ou que l’obstacle d’un point. Non, le plus difficile, pour le poète, c’est de rester continuellement sur ce fil qu’est l’écriture, de vivre chaque heure de sa vie à hauteur du rêve, de ne jamais redescendre, ne serait-ce qu’un instant, de la corde de son imaginaire. En vérité, le plus difficile, c’est de devenir un funambule du verbe. Yuko remercia le maître de lui enseigner l’art d’une façon si subtile, si belle.”