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Alain Damasio Quotes

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Famous Alain Damasio Quotes

“Qui dit quoi ? Que dans un monde où tout le monde croit devoir s'exprimer, il n'y a plus d'illumination possible. Rien ne peut être éclairé dans la luminance totale. Il faut beaucoup de silence pour entendre une note. Il faut beaucoup de nuit pour qu'un éclair puisse jaillir, pour qu'une couleur neuve soit perçue, soit reçue.”

“Le sonore est un art de la durée. Donc du mouvement et de l'émotion : c'est la même racine. Tu te fonds dans un flux, tu nages en pleine rivière. Tu accompagnes la métamorphose progressive des sons, tu les épouses. Tu deviens en même temps que ce que tu écoutes. L'optique par contre est un art de l'espace. À mes yeux. Ça consiste à fixer et à figer le monde à l'instant t. On se tient dans le froid, le spéculaire, la distance, la maîtrise. Et quand ça bouge, on est dans le contrôle. On checke des coordonnées, des trajectoires, des vecteurs. L'optique relève pour moi du pouvoir. Profondément.”

“Tout cela me confortait dans mon intuition, souvent moquée par mes amis, que l’homme était fondamentalement bon – à condition d’être en rapport direct et vital avec d’autres hommes. Impersonnel, un système social écarte l’homme de l’homme. Dans la lézarde ainsi creusée, la plante du ressentiment pousse et nourrit la fraude, le parasitisme et l’abus – puisqu’on ne voit jamais qui paie ni qui souffre de nos abus. On espère que c’est le système qui paie quand lui se contente de répartir les coûts et d’inoculer ce que chacun, par sa rancœur, fait subir de manière diffuse à tous. Les dysfonctionnements s’accroissent, les honnêtes gens s’en prennent aux saboteurs et bientôt les imitent … On se retrouve contraint, pour maintenir la cohésion sociale, d’instaurer un contrôle maniaque et vétilleux sur le moindre petit comportement fautif de chaque citoyen. Et ça donne Cerclon : la démocratie comme liberticide collectif …”

“Se libérer, ne croyez surtout pas que c’est être soi-même. C’est s’inventer comme autre que soi. Autres matières : flux, fluides, flammes… Autres formes : métamorphoses. Déchirez la guangue qui scande “vous êtes ceci”, “vous êtes cela”, “vous êtes…”. Ne soyez rien : devenez sans cesse. L’intériorité est un piège. L’individu ? Une camisole. Soyez toujours pour vous-mêmes votre dehors, le dehors de toute chose.”

“Si le système ne nous fait aucun mal, si sa raison d’être ne consiste qu’à gérer les déplacements, et à les gérer pour le bien de tous, alors pourquoi blesser au nom de sa douceur ? Question spécieuse. Face à une aliénation des menues doses douces et continues, il n’était de rupture que brutale. Ou sinon se résigner, mettre un casque virtuel sur sa tête, s’éclater loin du monde, dire « C’est comme ça, je n’y peux rien, je juge que tout est bien, amen …. ». Le système ne gênait après tout que les gens vivants, ceux qui ne supportaient pas que leurs mouvements fussent orientés au nom d’une régulation sociale. Ceux qui résistaient. Distribuer quelques tracts ? Autant cracher dans l’Espace. L’ambition de la Volte, aussi vaniteuse fût-elle, avait été de contrebalancer en une nuit, une seule, vingt ans d’empoisonnement homéopathique. Idiot c’était, idiot … mais que faire d’autre ? Oui, la fillette était innocente, oui son corps n’était pas rouage mais victime du système. Elle ne méritait pas ça. Nous nous servions d’elle, de sa souffrance pour remuer les tripes et les consciences. Mais la Volution ne pouvait se faire avec des caresses. Ou alors il eût fallu caresser tout le monde …”