Quotessence
Home / Quotes / Quote by Nather Henafe Alali نذير حنافي العلي

Quote by Nather Henafe Alali نذير حنافي العلي

Work

Raum ohne Fenster

Browse quotes and source details for this work. more

Author

Nather Henafe Alali نذير حنافي العلي

Browse famous quotes and profile details for Nather Henafe Alali نذير حنافي العلي. more

You May Also Like

“Je me plonge dans le moment où j'ai quitté la Syrie. Je comptais les secondes avant de franchir la frontière. Aujourd'hui, je ne compte pas, je n'ai pas peur. Je ne suis ni heureux ni triste. Comme si mes émotions s'étaient figées quelque part dans le monde. Je me suis échappé, discrètement, il y a dix ans, je rentre de la même manière. Voilà ce que ça signifie d'être condamné à l'exil. J'ai fui dans l'après midi et je reviens la nuit. Ces années ont passé très vite. L'espace d'une demi-journée ? Je ne vois pas le grand portrait du raïs, celui que j'ai aperçu lors de mon départ. Il n'y a que les chemins clandestins qui sont libres sur ce territoire de tyrannie. Mon besoin de retourner à la maison s'apaise. Ca sert à quoi d'être à nouveau dans un pays qui m'a fait plus de mal que de bien ? Le mieux, c'est de comprendre à quel point j'ai été chanceux de m'en extraire. De vivre librement, de m'épanouir ailleurs. Tout ce qu'il me reste ici se résume à la perte et aux chocs. Je ne veux plus rien savoir ni revoir. Les bâtiments écrasés comme les âmes. Les quartiers déserts de la vie. Quel sens ont les souvenir, la nostalgie, l'histoire, quand la terre est dirigée par l'horreur ?”

“Le vert vif de l'herbe; qui éclaboussait les pieds et chatouillait les yeux, donnait envie de s'y allonger, de se renverser pour contempler les cimes, pendant des heures. Il n'y a rien de tel pour se sentir vivre que de presser son dos contre la terre, et de laisser les tiges venues des entrailles du monde s’entremêler aux cheveux, nos doigts enfoncés dans la chair friable de l'écorce des choses.”

“Encore au XIXe siècle, les meilleurs médecins ne savaient pas empêcher l’infection ni arrêter la putréfaction des tissus. Dans les hôpitaux de campagne, par peur de la gangrène, les chirurgiens amputaient couramment les mains et les jambes des soldats même légèrement blessés. Ces amputations, comme toutes les autres interventions médicales (telle l’extraction des dents), se faisaient sans anesthésiques. Les premiers d’entre eux - l’éther, le chloroforme et la morphine - ne devaient être d’usage courant dans la médecine occidentale qu’au milieu du XIXe siècle. Avant l’usage du chloroforme, il fallait quatre soldats pour maintenir un camarade blessé tandis que le médecin coupait le membre blessé. Le lendemain de la bataille de Waterloo (1815), on pouvait voir des monceaux de mains et de jambes coupés au voisinage des hôpitaux de campagne. En ce temps-là, les charpentiers et bouchers enrôlés dans l’armée servaient souvent dans le corps médical parce que la chirurgie exigeait à peine plus que de savoir manier le couteau et la scie.”