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Quote by David Van Reybrouck

“Les trois remèdes que j’ai évoqués jusqu’à présent me paraissent tous dangereux : le populisme est dangereux pour la minorité, la technocratie est dangereuse pour la majorité et l’antiparlementarisme est dangereux pour la liberté.”

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Work

Contre les élections

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Author

David Van Reybrouck

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“Premièrement, la participation des citoyens s’exerçait directement. C’est en contradiction avec notre système actuel, où la représentation populaire est beaucoup plus une affaire de spécialistes. Aujourd’hui, seul le jury d’un procès d’assises se compose encore de simples citoyens. Deuxièmement, des décisions importantes étaient prises par de très grandes masses de gens. L’Assemblée du peuple ou Ecclésia réunissait des milliers d’hommes ; l’Héliée ou Tribunal du peuple comptait 6 000 membres.”

“Après avoir rattaché en 1492 la Castille à son royaume d’Aragon, le roi Ferdinand II devait déclarer : “Par expérience, on voit que les régimes dits du sort et du sac, dans les cités et dans les villes, favorisent davantage la vie bonne, une administration et un régime sains que les régimes qui se fondent à l’inverse sur l’élection. Ils sont plus unis et plus égaux, plus pacifiques et plus détachés des passions”

“Les travaux de James Fishkin ont marqué un vrai tournant délibératif dans les sciences politiques. Aucun chercheur sérieux ne remet plus en cause aujourd’hui la forte impulsion que peut apporter la démocratie délibérative au corps gravement malade de la démocratie représentative élective. La participation des citoyens ne se limite pas à la possibilité de manifester, de se mettre en grève, de signer des pétitions et autres formes de mobilisation permises dans l’espace public, elle doit aussi s’ancrer dans les mécanismes institutionnels.”

“Rome était, en l’an 268 de son ère35, ce qu’est à peu près la France l’an IV de la République. Mais prêcha-t-on alors le dogme du silence et de la patience ? de la prudence et de la constance ?.... Non. Cassius Viscellinus se présente. Il porte la main droit à la plaie. Quoique patricien, c’est lui qui le premier propose la loi agraire. « Il est souverainement injuste, s’écrie-t-il, que le peuple Romain, si courageux, et qui expose tous les jours sa vie pour étendre les bornes de la République, languisse dans une honteuse pauvreté, pendant que le Sénat et les patriciens jouissent seuls du fruit de ses conquêtes... Plébéiens !, ajoute-t-il, il ne tient qu’à vous de sortir tout à coup de la misère où vous a réduit l’avarice des patriciens. » Ce discours, dit Vertot, fut accueilli aux transports les plus vifs du peuple. Il n’y eut que l’infâme Appius et ses suppôts (les Louvet, les Réal et les Méhée de ce temps-là), qui traitèrent Cassius de royaliste, comme les Appius d’aujourd’hui me traitent.”