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David Van Reybrouck Quotes

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Famous David Van Reybrouck Quotes

“Zijn onderneming herleiden tot tomeloze zelfverrijking doet geen recht aan de nationale en sociale motieven van zijn imperialisme. België was nog jong en labiel, met Nederlands-Limburg en Luxemburg had het grote delen van zijn territorium verloren, katholieken en liberalen lustten elkander inmiddels rauw, het proletariaat begon zich te roeren : een explosieve cocktail. Het land leek wel “ een stoomketel zonder ventiel ”, vond Leopold. Congo werd dat ventiel.”

“La crise de la légitimité se manifeste à travers trois symptômes indéniables. Tout d’abord, de moins en moins de gens se dérangent pour aller voter. Dans les années 1960, plus de 85 pour cent des Européens prenaient part aux élections. Dans les années 1990, ce chiffre était inférieur à 79 pour cent. Au cours de la première décennie du XXIe siècle, il est même tombé au-dessous de 77 pour cent, le niveau le plus bas depuis la Seconde Guerre mondiale En deuxième lieu, parallèlement à l’abstention, il y a l’inconstance des électeurs. Non seulement les électeurs européens vont moins voter, mais le vote est de plus en plus capricieux. Ceux qui vont encore voter reconnaissent peut-être encore la légitimité de la procédure, mais montrent de moins en moins de loyauté à un seul et même parti. En troisième lieu, il y a de moins en moins de gens qui adhèrent à un parti politique. Dans les États membres de l’Union européenne, seuls 4, 65 pour cent des électeurs sont encore affiliés à un parti.”

“En ce début du XXIe siècle, la souveraineté, jadis fondement de l’État-nation, est devenue une notion toute relative. De ce fait, les grands défis de notre époque – changement climatique, crise bancaire, crise de l’euro, crise économique, paradis fiscaux, migrations, surpopulation – ne peuvent plus être relevés de façon adéquate par les gouvernements nationaux. L’impuissance est devenue le maître-mot de notre époque : impuissance du citoyen face aux gouvernements nationaux, des gouvernements nationaux face à l’Europe, et de l’Europe face au monde.”

“Car l’incapacité à s’attaquer aux problèmes structurels s’accompagne d’une surexposition du trivial, encouragée par un système médiatique qui a perdu la tête et qui, fidèle à la logique du marché, en est venu à préférer monter en épingle des conflits futiles plutôt que d’analyser des problèmes réels, surtout en période de baisse des parts de marché de l’audiovisuel.”

“La crise de l’efficacité ne fait qu’aggraver la crise de la légitimité. Et le résultat est là : les symptômes dont souffre la démocratie occidentale sont aussi nombreux que vagues, mais si l’on juxtapose abstentionnisme, instabilité électorale, hémorragie des partis, impuissance administrative, paralysie politique, peur de l’échec électoral, pénurie de recrutement, besoin compulsif de se faire remarquer, fièvre électorale chronique, stress médiatique épuisant, suspicion, indifférence et autres maux tenaces, on voit se dessiner les contours d’un syndrome, le syndrome de fatigue démocratique, une affection qui n’a pas encore été explorée systématiquement, mais dont il est néanmoins indéniable que nombre de démocraties occidentales en sont atteintes.”

“Les populistes sont des entrepreneurs politiques qui s’efforcent de conquérir la plus grosse part de marché possible, au besoin à l’aide d’un peu de kitsch romantique. On ne voit pas très bien comment ils envisagent, une fois qu’ils auront obtenu le pouvoir, leurs relations avec ceux qui ne sont pas de leur avis, car la démocratie est le pouvoir de la majorité dans le respect de la minorité – sinon, elle dégénère en cette fameuse “dictature de la majorité”, et nous voilà encore plus loin du but.”

“Durant la phase de transition qui suit une révolution, le pouvoir repose toujours, l’espace d’un instant, sur une élite qui n’a pas été élue. Il s’agit alors d’organiser le plus vite possible des élections ou un référendum, pour que le compteur de confiance puisse commencer à tourner et qu’une légitimité s’établisse a posteriori. À court terme, une technocratie peut donner une nouvelle impulsion ; à plus long terme, un tel régime n’est pas viable.”

“La dernière fois qu’un antiparlementarisme aussi virulent s’est manifesté en Europe, c’était durant l’entre-deux-guerres. Comme la Première Guerre mondiale et la crise des années 1920 étaient souvent attribuées aux excès de la démocratie bourgeoise du XIXe siècle, trois dirigeants s’en prirent au système parlementaire. Leurs noms : Lénine, Mussolini, Hitler. On l’oublie souvent aujourd’hui, mais le fascisme et le communisme étaient à l’origine des tentatives de dynamisation de la démocratie : en supprimant le Parlement, le peuple et son dirigeant pouvaient être plus en phase (fascisme) ou le peuple pouvait diriger le pays directement (communisme).”

“Premièrement, la participation des citoyens s’exerçait directement. C’est en contradiction avec notre système actuel, où la représentation populaire est beaucoup plus une affaire de spécialistes. Aujourd’hui, seul le jury d’un procès d’assises se compose encore de simples citoyens. Deuxièmement, des décisions importantes étaient prises par de très grandes masses de gens. L’Assemblée du peuple ou Ecclésia réunissait des milliers d’hommes ; l’Héliée ou Tribunal du peuple comptait 6 000 membres.”

“Après avoir rattaché en 1492 la Castille à son royaume d’Aragon, le roi Ferdinand II devait déclarer : “Par expérience, on voit que les régimes dits du sort et du sac, dans les cités et dans les villes, favorisent davantage la vie bonne, une administration et un régime sains que les régimes qui se fondent à l’inverse sur l’élection. Ils sont plus unis et plus égaux, plus pacifiques et plus détachés des passions”

“Les travaux de James Fishkin ont marqué un vrai tournant délibératif dans les sciences politiques. Aucun chercheur sérieux ne remet plus en cause aujourd’hui la forte impulsion que peut apporter la démocratie délibérative au corps gravement malade de la démocratie représentative élective. La participation des citoyens ne se limite pas à la possibilité de manifester, de se mettre en grève, de signer des pétitions et autres formes de mobilisation permises dans l’espace public, elle doit aussi s’ancrer dans les mécanismes institutionnels.”

“Stel dat er vandaag een procedure moet worden ontworpen om de volkswil te leren kennen, zou het beste idee dan werkelijk zijn om mensen eens in de vier of vijf jaar met een kartonnetje in de hand te laten aanschuiven bij een stemlokaal, waar ze in het schemerduister van een stemhokje een bolletje mogen kleuren, waarover maandenlang rusteloos is bericht in een commerciële omgeving die baat heeft bij rusteloosheid? En zouden we dan dat bizarre, archaïsche ritueel nog steeds 'de hoogtijdagen van de democratie' durven noemen?”