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Quote by David Van Reybrouck

“La crise de l’efficacité ne fait qu’aggraver la crise de la légitimité. Et le résultat est là : les symptômes dont souffre la démocratie occidentale sont aussi nombreux que vagues, mais si l’on juxtapose abstentionnisme, instabilité électorale, hémorragie des partis, impuissance administrative, paralysie politique, peur de l’échec électoral, pénurie de recrutement, besoin compulsif de se faire remarquer, fièvre électorale chronique, stress médiatique épuisant, suspicion, indifférence et autres maux tenaces, on voit se dessiner les contours d’un syndrome, le syndrome de fatigue démocratique, une affection qui n’a pas encore été explorée systématiquement, mais dont il est néanmoins indéniable que nombre de démocraties occidentales en sont atteintes.”

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Work

Contre les élections

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Author

David Van Reybrouck

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“Les populistes sont des entrepreneurs politiques qui s’efforcent de conquérir la plus grosse part de marché possible, au besoin à l’aide d’un peu de kitsch romantique. On ne voit pas très bien comment ils envisagent, une fois qu’ils auront obtenu le pouvoir, leurs relations avec ceux qui ne sont pas de leur avis, car la démocratie est le pouvoir de la majorité dans le respect de la minorité – sinon, elle dégénère en cette fameuse “dictature de la majorité”, et nous voilà encore plus loin du but.”

“Durant la phase de transition qui suit une révolution, le pouvoir repose toujours, l’espace d’un instant, sur une élite qui n’a pas été élue. Il s’agit alors d’organiser le plus vite possible des élections ou un référendum, pour que le compteur de confiance puisse commencer à tourner et qu’une légitimité s’établisse a posteriori. À court terme, une technocratie peut donner une nouvelle impulsion ; à plus long terme, un tel régime n’est pas viable.”

“La dernière fois qu’un antiparlementarisme aussi virulent s’est manifesté en Europe, c’était durant l’entre-deux-guerres. Comme la Première Guerre mondiale et la crise des années 1920 étaient souvent attribuées aux excès de la démocratie bourgeoise du XIXe siècle, trois dirigeants s’en prirent au système parlementaire. Leurs noms : Lénine, Mussolini, Hitler. On l’oublie souvent aujourd’hui, mais le fascisme et le communisme étaient à l’origine des tentatives de dynamisation de la démocratie : en supprimant le Parlement, le peuple et son dirigeant pouvaient être plus en phase (fascisme) ou le peuple pouvait diriger le pays directement (communisme).”

“Premièrement, la participation des citoyens s’exerçait directement. C’est en contradiction avec notre système actuel, où la représentation populaire est beaucoup plus une affaire de spécialistes. Aujourd’hui, seul le jury d’un procès d’assises se compose encore de simples citoyens. Deuxièmement, des décisions importantes étaient prises par de très grandes masses de gens. L’Assemblée du peuple ou Ecclésia réunissait des milliers d’hommes ; l’Héliée ou Tribunal du peuple comptait 6 000 membres.”

“Après avoir rattaché en 1492 la Castille à son royaume d’Aragon, le roi Ferdinand II devait déclarer : “Par expérience, on voit que les régimes dits du sort et du sac, dans les cités et dans les villes, favorisent davantage la vie bonne, une administration et un régime sains que les régimes qui se fondent à l’inverse sur l’élection. Ils sont plus unis et plus égaux, plus pacifiques et plus détachés des passions”