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Quote by Elif Shafak

Work

The Bastard of Istanbul

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Author

Elif Shafak

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“Quand le cerveau s'arrête, Quand le cœur s'arrête, Que reste-t-il de toi ? Quand les yeux échouent, Quand la mémoire échoue, Que reste-t-il de toi ? Quand ta dernière molécule aura fusionné avec la nature, Que reste-t-il de toi ? C'est ce que tu as réellement accompli, Testament à la lumière de toi.”

“La mémoire des hommes est un témoin trompeur, qui manipule et réécrit sans cesse le passé, l’adaptant au présent, le faisant ployer en fonction du désir du moment. Les faits trop douloureux, trop décevants ou inconvenants sont poncés dans le souvenir jusqu’à ce qu’ils atteignent la perfection : suffisamment lisses pour cesser de blesser, modelés sur l’histoire qu’on se raconte à soi-même. Mais ceux qui imaginent que la vérité disparaît font erreur. Nous possédons d’autres sens, plus profonds, qui se souviennent de tout. Rien n’est jamais effacé, et il suffit d’un instant – ou d’un parfum – pour que tout refasse surface.”

“Dans ce monde imparfait, nous sommes confrontés à des conditions météorologiques imprévisibles, à des humeurs fluctuantes, à des relations fragiles, à des perspectives d’emploi incertaines et à un avenir inconnu. Il y a des moments où on peut avoir l’impression que rien ne se passe comme prévu. Pourtant, nous ne devons jamais perdre espoir, car la vie continuera toujours.”

“Il existe certaines zones de la psyché humaine qui demeurent mal connues, parce qu'elles ont été peu explorées, parce que heureusement peu de gens se sont trouvés en situation d'avoir à le faire, et que ceux qui l'ont fait ont en général conservé trop peu de raison pour en produire une description acceptable. Ces zones ne peuvent guère être approchées que par l'emploi de formules paradoxales et même absurdes, dont l'expression 'espérer au-delà de toute espérance' est la seule qui me revienne réellement. Ce n'est pas similaire à la nuit, c'est bien pire ; et sans avoir personnellement connu cette expérience j'ai l'impression que même lorsqu'on plonge dans la vraie nuit, la nuit polaire, celle qui dure six mois consécutifs, demeure le concept ou le souvenir du soleil. J'étais entré dans une 'nuit sans fin', pourtant il demeurait, tout au fond de moi il demeurait quelque chose, bien moins qu'une espérance, disons une incertitude. On pourrait aussi dire que même lorsqu'on a personnellement perdu la partie, lorsqu'on a joué sa dernière carte, demeure chez certains - pas chez tous, pas chez tous - l'idée que 'quelque chose dans les cieux' va reprendre la main, va décider arbitrairement de distribuer une nouvelle donne, de relancer les dés, et cela même lorsqu'on n'a jamais ressenti, à aucun moment de sa vie, l'intervention ni même la présence d'une divinité quelconque, même lorsqu'on est conscient de ne pas particulièrement mériter l'intervention d'une divinité favorable, et même lorsqu'on se rend compte, considérant l'accumulation des erreurs et des fautes qui constitue votre vie, qu'on la mérite moins que personne.”

“Ce que l'ingéniosité des hommes nous a offert dans ces cent dernières années aurait pu faciliter une vie libre et heureuse, si le progrès entre les humains s'effectuait en même temps que les progrès sur les choses. Or le résultat laborieux ressemble pour ceux de notre génération à ce que serait un rasoir pour un enfant de trois ans. La conquête de fabuleux moyens de production n'a pas apporté la liberté, mais les angoisses et la faim. Pire encore, les progrès techniques fournissent les moyens d'anéantir la vie humaine et tout ce qui a été durement créé par l'homme. Nous, les anciens, avons vécu cette abomination pensant la guerre mondiale. Mais plus ignoble que cet anéantissement, nous avons vécu l'esclavage ignominieux où l'homme se voit entraîné par la guerre ! N'est-il pas épouvantable d'être contraint par la communauté d'accomplir des actes que chacun, face à sa conscience, juge criminels ? Or peu d'êtres ont révélé une telle grandeur d'âme qu'ils ont refusé de les commettre. A mes yeux pourtant ils sont les vrais héros de la guerre mondiale.”