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Quote by Marguerite Yourcenar

“Ce matin l'idée m'est venue pour la première fois que mon corps, ce fidèle compagnon, cet ami plus sûr, mieux connu de moi que mon âme, n'est qu'un monstre sournois qui finira par dévorer son maître. Paix... J'aime mon corps ; il m'a bien servi et de toutes les façons, et je ne lui marchande pas les soins nécessaires.”

Quote by Marguerite Yourcenar

Work

Memoirs of Hadrian

Memoirs of Hadrian is a fictionalized account of the reign and personal life of the Roman Emperor Hadrian. The novel explores the complexities of power, love, and political intrigue during the second century AD. more

Author

Marguerite Yourcenar
Marguerite Yourcenar

Marguerite Yourcenar was a renowned French novelist, known for her historical novels. Her works are celebrated for their profound insight and rich imagination, with her most famous novel being 'Orlando'. Born on June 8, 1903, she passed away on December 17, 1987. more

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“Soudain mon corps devenait problématique, se détachait de moi, vivait de cette séparation, pour moi, contre moi, dan l'agonie de la douleur. Les types de Baas, le chef de la Gestapo locale, me sus­pendaient haut et court par les bras tirés en arrière, mains serrées dans le dos par des menottes. Ils me plongeaient la tête dans l'eau de la baignoire, délibérément souillée de détritus et d'excréments. Mon corps étouffait, devenait fou, demandait grâce, ignoblement. Mon corps s'affirmait dans une insurrection viscérale qui prétendait me nier en tant qu'être moral. Il me demandait de capituler devant la torture, il l'exigeait. Pour sortir vain­queur de cet affrontement avec mon corps, il me fallait l'asservir, le maîtriser, l'abandonnant aux affres de la douleur et de l'humiliation. Mais c'était une victoire à chaque minute remise en question et qui me mutilait, de surcroît, en me faisant haïr une part de moi essentielle, que j'avais jusqu'alors vécue dans l'insouciance et le bonheur physique. Pourtant, chaque journée de silence gagnée à la Gestapo, si elle éloignait mon corps de moi, carcasse pantelante, me rapprochait de moi-même. De la surprenante fermeté de moi-même : orgueil inquiétant, presque indécent, d'être homme de cette inhumaine façon.”

“Ces châteaux et ces cathédrales n'ont pu être bâtis par des chétifs ni par des tristes. Il y a à la fois une raison et une audace de la raison dans le plan des cathédrales qui ne peuvent être comprises seulement comme l'effet d'une ardente foi extra-terrestre, mais comme confiance dans la vie, joie de vivre, affirmation exubérante de l'immédiat.”