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Fabien Maréchal, L'Attendeur (de Première classe) Quotes

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Famous Fabien Maréchal, L'Attendeur (de Première classe) Quotes

“Trop souvent, on aime comme on va chez le boulanger. Sans passion, avec toute- fois un certain plaisir anticipé, des fois qu’un gâteau nous fasse de l’œil. On appelle ça de l’amour pour se justifier, comme le boulanger est pâtissier par la grâce des fonds de tarte industriels qu’il reçoit nocturnement par camion réfrigéré. Mais on a besoin de pain et, de temps à autre, aussi d’un gâteau – d’un dimanche, en somme – pour rompre la monotonie.”

“La plus belle image d’affection que l’on puisse imaginer, ce sont deux personnes âgées qui s’aiment encore. À vingt ans, il est facile d’être tendre, ça vous vient tout seul. Parfois trop et, au vrai, ce n’est pas toujours aisé à vivre, mais nous sommes faits pour cela, dans la tête, dans le corps. Alors qu’à soixante-dix ans, il faut véritablement s’aimer au fond.”

“La Lauze est l’un de ces restaurants à la mode depuis quelques années à Paris. Sièges anguleux, ambiance en nuances de gris avec la signature bien en vue du designer au coin d’un comptoir patiné pour paraître authentique, et une assiette dressée autant pour le goût que pour les réseaux sociaux avec son voile de curry, son trait de jus de bette- rave et sa compotée de carotte bleue, comme si une sculpture de Niki de Saint Phalle s’était échappée du centre Pompidou pour se soulager dans votre hors-d’œuvre. On appelle cela la « bistronomie », je suppose qu’elle finira par envahir jusqu’à Limoges, et le boudin aux pommes jettera les armes aux pieds des légions gustatives du XXIe siècle, tel Vercingétorix devant Jules César.”

“Pourquoi les aiguilles des horloges effectuent-elles le tour d’un cadran au lieu de monter et descendre le long d’une colonne, comme le mercure d’un thermomètre ? On aurait moins le sentiment de tourner en rond. Bien sûr, les secondes n’en finissent jamais de mourir au musée du monde, et le billet d’entrée n’est pas valable éternellement, mais enfin, vous connaissez ce dessin de Charles Schulz ? Charlie Brown et Snoopy sont assis sur un ponton, au bord de l’eau. « Nous allons tous mourir un jour », se désole Charlie Brown. Et Snoopy lui répond : « Mais pas lors des autres jours. » Il circule une traduction moins littérale, mais plus exacte du propos de Snoopy : « Oui, mais tous les autres jours, nous allons vivre. » C’est la version que je préfère. Ce n’est pas parce qu’il est impossible de faire reculer le temps qu’il faut renoncer à casser la gueule aux chronomètres.”