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Quote by Victor Bégin

“Je cadre le bouquet et l’immortalise. La Polaroid s’active à imprimer la photo instantanée en laissant échapper un dernier clac. J’attends une minute que le résultat perce la surface du papier glacé : le bouquet est parfait. Je regarde la date sur l’écran de garde de mon téléphone. Sur la bordure blanche de la photo, j’inscris Une semaine sans Anatole, puis je la colle au mur vide de la cuisine, au-dessus de la table.”

Quote by Victor Bégin

Work

De bières et de fleurs

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Author

Victor Bégin

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“da zwischen uns kein sexueller austausch mehr vorhanden ist, kenne ich keine eifersucht. ich sehe in deinen augen keine beteiligung, wenn der alte mann mit der gegerbten haut sich auf dir abmüht. wenn er sich an deiner jugend entzündet, seine energie ausbläst. ganz deutlich sehe ich, dass es kein vergnügen für ihn ist, dass vielmehr er uns bezahlt, ohne es zu wissen. so leben wir nun seit einigen jahren hier. es wird nichts von uns bleiben, aber wir haben zeit. immerhin.”

“Je me plonge dans le moment où j'ai quitté la Syrie. Je comptais les secondes avant de franchir la frontière. Aujourd'hui, je ne compte pas, je n'ai pas peur. Je ne suis ni heureux ni triste. Comme si mes émotions s'étaient figées quelque part dans le monde. Je me suis échappé, discrètement, il y a dix ans, je rentre de la même manière. Voilà ce que ça signifie d'être condamné à l'exil. J'ai fui dans l'après midi et je reviens la nuit. Ces années ont passé très vite. L'espace d'une demi-journée ? Je ne vois pas le grand portrait du raïs, celui que j'ai aperçu lors de mon départ. Il n'y a que les chemins clandestins qui sont libres sur ce territoire de tyrannie. Mon besoin de retourner à la maison s'apaise. Ca sert à quoi d'être à nouveau dans un pays qui m'a fait plus de mal que de bien ? Le mieux, c'est de comprendre à quel point j'ai été chanceux de m'en extraire. De vivre librement, de m'épanouir ailleurs. Tout ce qu'il me reste ici se résume à la perte et aux chocs. Je ne veux plus rien savoir ni revoir. Les bâtiments écrasés comme les âmes. Les quartiers déserts de la vie. Quel sens ont les souvenir, la nostalgie, l'histoire, quand la terre est dirigée par l'horreur ?”

“Le vert vif de l'herbe; qui éclaboussait les pieds et chatouillait les yeux, donnait envie de s'y allonger, de se renverser pour contempler les cimes, pendant des heures. Il n'y a rien de tel pour se sentir vivre que de presser son dos contre la terre, et de laisser les tiges venues des entrailles du monde s’entremêler aux cheveux, nos doigts enfoncés dans la chair friable de l'écorce des choses.”