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Quote by Pierre Vermeren

“Les études littéraires bénéficiaient pour une part importante de l’évolution que nous venons de décrire. Cet élément est particulièrement visible en Tunisie, surtout pour les études d’arabe. Ces étudiants littéraires se destinaient massivement à la carrière d’enseignant (ce qu’attestent plusieurs témoignages ainsi que la brochure de juillet 1953). C’est que l’enseignement de l’arabe avait acquis un prestige très important, aux yeux des Sadikiens tout au moins. Mahmoud Messaadi nous a affirmé être sorti du collège Sadiki avec l’idée de servir l’arabe et la culture arabe. À la suite de Mohammed Attia (premier agrégé d’arabe tunisien en 1934 puis directeur du collège) et de Ali Belhaouane, de nombreux jeunes collégiens des années trente et quarante se sentirent investis d’une mission vis-à-vis de leur langue et de leurs successeurs. C’est ainsi que certains s’engagèrent dans des études d’arabe à l’université française dès les années trente : Mahmoud Messaadi passa sa licence à Paris de 1936 à 1939, et c’est la guerre qui a différé son agrégation (il fut le 4ᵉ agrégé d’arabe tunisien). Ahmed Adessalam lui aussi nous a dit être sorti de Sadiki avec l’ambition des former des jeunes, et certain d’être investi d’une « mission » : rendre l’enseignement de l’arabe aussi attrayant que celui du français. De ce fait, celui-ci a préparé sa licence d’arabe auprès de l’université d’Alger pendant la guerre, a enseigné à Sadiki dès 1944, puis est parti à Paris préparer son agrégation en 1947-1948. C’est aussi en cette période que Mzali, Bakir, Ben Miled et quelques autres ont accompli un parcours identique. Certes, tous les étudiants d’arabe n’étaient pas destinés à préparer l’agrégation (à commencer par les étudiants préparant le diplôme d’arabe de l’IHET qui n’étaient pas titulaires du baccalauréat). Mais ces étudiants sont là pour témoigner d’une sorte de mystique pour l’enseignement qui toucha nombre d’étudiants tunisiens. Les arabisants ne sont pas seuls dans ce mouvement comme en témoigne le succès de la propédeutique littéraire de l’IHET (30 étudiants musulmans en 1951-1952). Il est important de souligner que la profession d’enseignant, qui ne donnait pas un revenu analogue à celui des professions libérales (bien que le salaire soit correct), bénéficiait aussi d’un fort prestige social, et ce d’autant plus que l’enseignement était une denrée rare dans la Tunisie de cette fin de protectorat. Le magistère traditionnel de ulémas avait certainement rejailli en partie sur cette profession sécularisée. Pour conclure sur cette évolution, il est aussi probable que la réforme de la fonction publique tunisienne, et l’ouverture plus grande de l’administration aux Tunisiens, aient favorisé les études menant à la licence, porte d’entrée la plus noble de l’administration. D’autre part, il ne faut pas sous-estimer les pressions de la DGIP en faveur d’études autres que celles des facultés de droit et de médecine. C’est sur un ton très satisfait que l’auteur de la brochure de juillet 1952 conclut ainsi : « Plus de 500 jeunes se destinent à venir, demain, remplir dans la Régence des fonctions de premier plan dans les domaines les plus divers (médecins, avocats, professeurs, pharmaciens, ingénieurs, architectes…) ». (p175-176)”

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Work

La formation des élites marocaines et tunisiennes

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Author

Pierre Vermeren

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“Er is niets minder Frans dan de Franse Revolutie », schrijft hij, « en het beste bewijs voor wat ik hier vooropstel is het feit dat zij zelf de ambitie heeft om iets heel anders te zijn. Zij richt zich immers niet tot Frankrijk, maar tot het hele mensdom ; zij proclameert de Rechten van de Mens, en niet die van de Franse burger ; zij streeft naar de rol van politiek Messias.”

“De revolutionairen van vorige eeuw negeren de reële, historische Fransman, met de hem eigen kenmerken en kwaliteiten ; in plaats daarvan scheppen zij een ideaal en abstract wezen, dat nooit bestaan heeft en nooit ergens zal bestaan, een product van de natuur en van de rede. Voor dit abstracte wezen stellen zij wetten op zonder rekening te houden met het nationaal belang of met de historische rechten.”

“Het zou gemakkelijk zijn om zo, van boven naar beneden, heel de sociale ladder te overlopen zoals de Franse Revolutie ze samengesteld heeft, om aan te tonen dat er op geen enkele sport van die ladder echte vrijheid bestaat. 1789 heeft brandhout gemaakt van alle plaatselijke vrijheden, om in de handen van de Staat de meest absolute macht te concentreren die men zich in een beschaafd land kan voorstellen. Men heeft uitgerekend dat de Grondwetgevende Vergadering op twee jaar tijd 2557 wetten heeft uitgevaardigd ; de Wetgevende Vergadering, op één jaar tijd, 1712 ; en de Conventie, op drie jaar tijd, 11. 210 ! Nooit tevoren heeft de wereld zo’n bizar spektakel gezien. Men zou terecht kunnen denken dat Frankrijk nog maar pas geboren werd, en dat het land moest behandeld worden als een horde wilden die nog maar net tot een vorm van sociale ordening gekomen waren.”