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Identité Quotes

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Identité Quotes

“J'ai vingt-cinq ans, j'écris ce livre, et j'ai cet âge une fois pour toutes. Cela fait vingt-cinq ans que je l'ai, et j'espère bien l'avoir encore pendant vingt-cinq ans au moins, et même plus d'ailleurs, si mon corps s'aligne sur les statistiques - ce que je suis tout de même en droit d'attendre de lui, me faisant déjà assez remarquer comme ça. J'ai mis longtemps à avoir l'âge que j'avais secrètement, je garderai longtemps secrètement cet âge.”

“En ce moment, je me sépare tant soit peu de moi-même et vais à la rencontre de la personne qui s'approche; je fais semblant de la reconnaitre bien que je ne sache encore qui c'est. Comme l'addition d'un ami nous transforme curieusement, même à distance... L'utilité des amis est incontestable, en ce qu'ils nous font rentrer dans la réalité. Et pourtant, est-ce assez pénible d'y devoir rentrer, se sentir mêlé, adultéré, fondu, de faire partie d'un autre être ? A mesure que cette personne approche, je cesse d'être Moi pour devenir Moi plus quelqu'un.”

“La politique de l'enseignement tenait une bonne place dans ce programme de réformes. Elle était en effet devenue un enjeu capital dans la course engagée entre les nationalistes et l'administration. Le programme de l'Istiqlâl s'était en effet prononcé pour la reconstruction du pays « dans le respect des meilleures traditions nationales », en ayant « pour fondement l'attachement à l'islam, à la langue arabe et la fidélité au Trône ». L'enjeu de la langue était posé. À Tunis même, le remplacement du cheikh Ta'albi par l'actif Fadhel Ben Achour, professeur à la Zitouna, à la tête du Vieux Destour remettait au premier plan la question de la langue arabe. C'est que, dans l'esprit des autorités coloniales, seuls les tenants de l'arabisation étaient susceptibles de détruire « l'œuvre de la France ». (p98)”

“Un peuple doit pouvoir compter sur sa diaspora répartie à travers le globe et, une famille de cœur sur les membres de sa communauté repartis à travers la ville, la région ou le pays. Le lien entre les membres est essentiel pour mener une lutte sur le plan économique ou celui de l’identité sur l’échiquier international. La notion de peau fait place à celle de l’uniforme plus complexe à définir tant qu’elle joue sur des notions subjectives d’attitudes et d’oppression économique. La frontière entre les besoins identitaires et les comportements culturels en voie de disparition reste un art que le monde économique ne peut s’illustrer.”

“Même dans un mouvement populaire, l’union n’est pas toujours une réalité acquise. Au sein du Peuple en lutte certains s’arrogent d’avance des privilèges de la perception qu’ils ont d’être au fait des stratégies et de l’administration du combat. Seul le soldat brave et fidèle à son engagement est digne de son uniforme.”

“Parfois je me demande si voter «Vert» n’est pas comme envoyer un bulletin au recyclage de deuxième tour. Pourtant construire un programme Béton avec de l’Essence dans le contenu devrait tout de même profiter à la Terre. A quand des ministres des finances, de l’intérieur, de la défense… «éco-logiques» et non des personnages qui se battent juste pour être représentés dans l’arc-en-ciel idéologique?»”

“Nous nous devons de transcender nos us et coutumes, nos cultes et nos rites traditionnels, et de les mettre au service de l’économie. Nous passons le clair de notre temps à prier pour la prospérité dans nos vies et la protection divine. Nous oublions trop souvent d’y associer des efforts francs et persévérants pour obtenir ce que l’on veut. La prière de notre ère est l’effort au quotidien pour dominer dans nos secteurs d’activité. Dieu a besoin de fidèles et performants serviteurs pour relayer l’action de Sa Main omnipotente en intermédiaires soumis. Le miracle et le hasard ne pourraient être un mode de construction viable pour une civilisation au sang et à la peau noire. Celle des opprimés économiques qui veulent à nouveau être maitres de leur destinée dans l’harmonie avec les lois naturelles, cosmiques et la Volonté divine.”

“The Black Kingdom, la voie des dieux" est un roman bilingue qui tire sa substance de l’univers islamique mais qui reste accessible au lecteur profane ou d’autres religions. C’est à la fois le récit de la mise en scène d’une initiation sans intermédiaire humain et le début d’une quête affective, matérielle et spirituelle pour un initié élu qui est choisi par la voie mahdiste pour accomplir sa destinée. Cette quête se fait sous le sceau du Mahdi, en tant que combattant du Mahdi, en tant que Mahdi.”

“Les compétences sont le viatiques acquis et servis à fil de nombreuses années de labeur ailleurs. Il convient de le respecter comme un capital précieux. Le miel n’a-t-il pas meilleur goût quand il est issu de différentes fleurs. Au final le patrimoine intellectuel de la province ne sera jamais plus grand que la somme des savoirs résidant sur son sol et non la rançon des besoins à combler pour une société plaçant de fait l’hôte au faîte de la réussite.”

“Il y a ceux qui font des efforts pour construire leur patrimoine et leur identité et ceux qui font des sacrifices pour attirer ou maintenir la chance des suscités qui ont de par leur étoile un potentiel de richesse et de charisme pour leur Vie. Il est clair qu’un nouvelle Alliance prenant en compte le nouveau besoin de rapport homosexuels ferait un jour l’objet d’une Miséricorde du Créateur.”

“— Vous n'êtes pas sûr de ce que vous dites ? Vous allez de nouveau changer, vous déplacer par rapport aux questions qu'on vous pose, dire que les objections ne pointent pas réellement vers le lieu où vous vous prononcez ? Vous vous préparez à dire encore une fois que vous n'avez jamais été ce qu'on vous reproche d'être ? Vous aménagez déjà l'issue qui vous permettra, dans votre prochain livre, de resurgir ailleurs et de narguer comme vous le faites maintenant : non, non je ne suis pas là où vous me guettez, mais ici d'où je vous regarde en riant. — Eh quoi, vous imaginez-vous que je prendrais à écrire tant de peine et tant de plaisir, croyez-vous que je m'y serais obstiné, tête baissée, si je ne préparais — d'une main un peu fébrile — le labyrinthe où m'aventurer, déplacer mon propos, lui ouvrir des souterrains, l’enfoncer loin de lui-même, lui trouver des surplombs qui résument et déforment son parcours, où me perdre et apparaître finalement à des yeux que je n'aurai jamais plus à rencontrer. Plus d'un comme moi sans doute, écrivent pour n'avoir plus de visage. Ne me demandez pas qui je suis et ne me dites pas de rester le même : c'est une morale d'état civil; elle régit nos papiers. Qu'elle nous laisse libres quand il s'agir d'écrire.”

“On voudrait pour conclure rappeler que cette évolution s'est déroulée dans un contexte politique agité qui n'a pas été sans répercussions. Face à l'offensive des nationalistes, l'institution d'un haut enseignement supérieur français est perçue par les autorités protectorales comme un antidote. Dans son rapport de 1947, Lévi-Provençal avait souligné l'importance de constituer comme au Caire, et parallèlement à la Zitouna, « un centre d'enseignement d'arabisme moderne et laïque ». Les professeurs de l'IHET eux-mêmes sont convaincus de l'importance de leur rôle dans « la défense de la culture et de la langue française qu'assure l'Institut dans son ensemble » ; leur volonté maintes fois réaffirmée est de développer les enseignements et les cursus afin d'attirer le plus d'étudiants musulmans possible. (p119)”

“Dieu n'attend pas que les perdus trouvent leur chemin de retour. Il part les chercher. Perdu n'est pas ton identité. C'est ta localisation. Et Dieu sait exactement où tu es.”

“Un homme peut être debout à l'extérieur et complètement emprisonné à l'intérieur. La liberté n'est pas l'absence de contraintes. C'est la présence d'une force intérieure qu'aucune circonstance ne peut enlever.”