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Quote by Pierre Vermeren

“La politique de l'enseignement tenait une bonne place dans ce programme de réformes. Elle était en effet devenue un enjeu capital dans la course engagée entre les nationalistes et l'administration. Le programme de l'Istiqlâl s'était en effet prononcé pour la reconstruction du pays « dans le respect des meilleures traditions nationales », en ayant « pour fondement l'attachement à l'islam, à la langue arabe et la fidélité au Trône ». L'enjeu de la langue était posé. À Tunis même, le remplacement du cheikh Ta'albi par l'actif Fadhel Ben Achour, professeur à la Zitouna, à la tête du Vieux Destour remettait au premier plan la question de la langue arabe. C'est que, dans l'esprit des autorités coloniales, seuls les tenants de l'arabisation étaient susceptibles de détruire « l'œuvre de la France ». (p98)”

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Work

La formation des élites marocaines et tunisiennes

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Author

Pierre Vermeren

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“La conception de Bourguiba devait pendant longtemps marquer le paysage éducatif tunisien ; elle explique sûrement ce paradoxe qui vit le lycée Carnot, énorme bâtiment sis au cœur de Tunis, perdurer sous sa forme strictement française jusqu'en 1983. Le collège Sadiki, en revanche, dont le modèle d'enseignement fut étendu aux autres établissements de la Tunisie, fut étouffé sous les fleurs. Il sombra en effet dans un quasi-anonymat, lui qui avait tant contribué à la formation de la nouvelle « élite » tunisienne. Et lorsqu'en 1983, il s'agit de créer un lycée pilote destiné à recruter les meilleurs élèves du pays, ce fut l'ancien lycée Carnot, abandonné par la France, qui fut choisi, et rebaptisé lycée Bourguiba.”

“En Tunisie, la période Ben Ali commença par de grands bouleversements dans le système éducatif. La situation qui avait conduit une forte partie des étudiants à basculer dans une contestation islamiste active appelait manifestement des réformes. Après la réforme de l'enseignement supérieur du ministre Tijani Chally lancée en 1989, il fallut s'attaquer à l'enseignement secondaire. La nomination d'un juriste francophile à la tête du MEN, Mohamed Charfi, visait manifestement à inverser la tendance après les années Mzali et leurs conséquences. Son projet de réforme prit corps pendant 2 ans de consultations et aboutira sur la loi du 29 juillet 1991. La langue française redevenait langue étrangère obligatoire pour les élèves passant le baccalauréat. Enfin, son successeur à partir du milieu de la décennie, Dali Jazi, poursuivit son action en faisant revenir le français dans le supérieur, surtout dans les facultés des lettres (en particulier en philosophie). Cet ensemble de réformes visait à remédier à l'héritage des années soixante-dix et fut soutenu par la Banque mondiale. Cette dernière a publié plusieurs rapports sur l'enseignement tunisien : en février 1992 était ainsi publié un rapport d'évaluation du projet de restructuration de l'enseignement supérieur, puis à nouveau en mai 1997, Tunisia-Higher education : challenges and opportunities.”

“ولكن من الصعب جداً التمييز بين التعليم الذي يخدم الطلبة حقاً في حياتهم الراهنة والمستقبلية، من ناحية، وتلقين أيديولوجيات الجماعات أو المنظمات القوية في المجتمع، أو منع الطلاب من تطوير قدراتهم النقدية، من ناحية أخرى. وما يزال من الصعب على المرء أن يركز اللوم على أحد المدرسين أو إحدى القطع المختارة في الكتاب الدراسي المنهجي، لأنّ شكل التأثير قد يكون أكثر انتشاراً وتعقيداً وعالمية وتفاقماً وتشعباً. وبالتأكيد يمكن أن تلتحق جميع الأطراف المعنية: بدءاً من وزارة التعليم التي تقوم بإصدار المناهج الدراسية إلى الكُتّاب، أو المؤلفين والناشرين لهذه الكتب التعليمية، وكذلك لجان المعلمين التي توافق عليها، وأخيراً المعلمين الذين يدرسونها؛ إذ قد يكونون جميعاً مقتنعين بأن هذه الكتب جيدة لتعليم الأطفال. (ص50)”