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Quote by Ruwen Ogien

“Certains penseurs qui ne sont pas tous de droite, soutiennent que, lorsque les inégalités économiques ont pour origine des choix judicieux, le talent naturel, l'effort ou le mérite personnel, elles ne sont pas moralement injustifiées. Ils distinguent les personnes qui sont pauvres parce qu'elles sont victimes de la pure malchance, et celles qui le deviennent en raison de leurs choix de vie défectueux. D'après eux, les secondes devraient, en toute justice, assumer personnellement les conséquences de leurs choix au lieu d'en faire porter le poids sur la «société». Bref, ils glorifient la responsabilité individuelle quand ils s'attaquent aux prétendus «assistés». Cependant, ce sont souvent les mêmes qui, à droite comme à gauche, refusent l'ouverture des frontières et contestent le droit de chacun d'aller s'installer là où les chances d'avoir une vie meilleure sont plus élevées. Ces prises de position restrictives sont en contradiction totale avec les grands principes avancés pour blâmer les «assistés»: glorification de l'esprit d'initiative et du désir de s'en sortir, insistance sur la responsabilité individuelle dans la situation économique.”

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Work

L'État nous rend-il meilleurs ?

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Author

Ruwen Ogien

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“C’est pourquoi la justification de ces inégalités extrêmes passe souvent par un discours moins grandiloquent, et insistant surtout sur le besoin de stabilité patrimoniale et de protection du droit de propriété. Autrement dit, l’inégalité des fortunes n’est peut-être pas entièrement juste, et pas toujours utile, surtout dans les proportions observées, y compris en Californie, mais sa remise en cause risquerait d’ouvrir une escalade sans fin dont les plus pauvres et la société dans son ensemble finiraient par faire les frais. Cet argument propriétariste fondé sur le besoin de stabilité sociopolitique et de sécurisation absolue (et parfois quasi religieuse) des droits de propriété acquis dans le passé jouait déjà un rôle central pour justifier les fortes inégalités caractérisant les sociétés de propriétaires qui prospéraient en ee Europe et aux États-Unis auXIX siècle et au début du XX . On retrouvera aussi cet éternel argument de la stabilité dans la justification des sociétés trifonctionnelles et esclavagistes. Il faut aussi y ajouter aujourd’hui un discours sur l’inefficacité supposée de l’État et l’agilité réputée supérieure de la philanthropie privée, argument qui jouait également un rôle lors des périodes précédentes, mais qui a pris une ampleur nouvelle à l’époque contemporaine. Ces différents discours sont légitimes et doivent être entendus, jusqu’à un certain point, mais je tenterai de démontrer qu’ils peuvent être dépassés, en nous fondant sur les leçons de l’histoire.”

“Mais le sentiment d'impuissance est aussi nourri par le fonctionnement, du système scolaire, dont on tente de masquer le caraptère structurellement inégalitaire et discriminatoire en surmédiatisant les exceptions : la fabuleuse réussite de telle ministre issue de l'immigration africaine, le par- cours formidable de tel chercheur qui a grandi dans une cité. Pour faire croire que quand on veut, on peut. Donc toi qui n'as pas réussi, tu ne peux t`en prendre qu'a toi-même. Et à tes parents.”

“Caravaggio’s art is made from darkness and light. His pictures present spotlit moments of extreme and often agonized human experience. A man is decapitated in his bedchamber, blood spurting from a deep gash in his neck. A man is assassinated on the high altar of a church. A woman is shot in the stomach with a bow and arrow at point-blank range. Caravaggio’s images freeze time but also seem to hover on the brink of their own disappearance. Faces are brightly illuminated. Details emerge from darkness with such uncanny clarity that they might be hallucinations. Yet always the shadows encroach, the pools of blackness that threaten to obliterate all. Looking at his pictures is like looking at the world by flashes of lightning.”

“Floris lachte en zeeg in slaap in zijn zetel. Pieter bezag het hoofd van de kunstenaar. Hij streelde hem stillekens over zijn roze gezicht, en prevelde vol medelijden: ‘Arme Baskonter, arme paddestoel, die teert op Michelangelo; arme Icarus, die met wassen vleugelen ten hemel stijgt, naar de zon, die ze smelt’ – op een rijnse prent had hij die ongelukkige sukkeleer getekend – ‘en al die renaissancisten zijn van dezelfde deeg! Waarom blijft ge niet beneden : de wereld is zo schoon!’ … En in zijn verbeelding zag hij de schone straat van Messina weer levendig voor d’ogen; en daar beneden, in ’t water, te midden van de pracht, zag hij, hulpeloos en klein, twee roze beentjes spartelen van de arme Icarus die in ’t water gevallen was! Hij schudde de komende vaak van zijn huid, stond op en ging de kriekende, frisse morgen in. Een nieuwe schilderij begon te groeien.”

“In 't verdriet om zijn tijd, en in toenemende maagpijn schilderde hij, terwijl er buiten sneeuw viel : 'De Blinden die elkander in de Gracht leiden'; 't Valt voor in zijn vredige streek, met de kerk, ginder rustig en uitnodigend gezeten aan de voet van een buikrond heuveltje. Hier van voor, rechts, diept een koele gracht, waar lis wiegt en irissen tintelen. Op de voorgrond, in de richting van die gracht, komen de zes blinden met hun wijde mantels aan, achtereen elkaar vasthoudend aan hun staf, of de hand op de schouder van de voorgaande gelegen. Hun oude, getaande, domme bedelaarsgezichten zijn smekend omhoog gericht; maar hun ogen zijn ofwel gesloten, of 't zijn enkel matte, witte ballen of uitgezworen holtens. Ze zullen de gracht intuimelen, één voor één, lijk de voorsten al bezig zijn, - de eerste had nogal muziek bij! Rond dit drama bloeit een schone, zachte zomer. Er is stilte, vrede en zon! Daarin ligt heel zijn tijd : 't verscheuren van elkanders overtuiging, de blindheid van elkendeen; daarin ligt zijn twijfel, zijn gebroken droom, zijn geloof, zijn verlangen naar rust, heel zijn hart en heel zijn ziel, - heel de tegenstrijdigheid van zichzelf en van zijn tijd. Toen hij de schilderij af had; - 't was enige dagen voor Kerstmis - liet hij palet en borstels uit zijn hand glijden. 'Nu heb ik, geloof ik, niets meer te doen dan maagpijn te lijden', zuchtte hij.”