“Je ne crois pas qu’il y ait rien au monde de plus riant que les idées qui s’éveillent dans le cœur d’une mère à la vue du petit soulier de son enfant. Surtout si c’est le soulier de fête, des dimanches, du baptême, le soulier brodé jusque sous la semelle, un soulier avec lequel l’enfant n’a pas encore fait un pas. Ce soulier-là a tant de grâce et de petitesse, il lui est si impossible de marcher, que c’est pour la mère comme si elle voyait son enfant. Elle lui sourit, elle le baise, elle lui parle. Elle se demande s’il se peut en effet qu’un pied soit si petit ; et, l’enfant fût-il absent, il suffit du joli soulier pour lui remettre sous les yeux la douce et fragile créature. Elle croit le voir, elle le voit, tout entier, vivant, joyeux, avec ses mains délicates, sa tête ronde, ses lèvres pures, ses yeux sereins dont le blanc est bleu. Si c’est l’hiver, il est là, il rampe sur le tapis, il escalade laborieusement un tabouret, et la mère tremble qu’il n’approche du feu. Si c’est l’été, il se traîne dans la cour, dans le jardin, arrache l’herbe d’entre les pavés, regarde naïvement les grands chiens, les grands chevaux, sans peur, joue avec les coquillages, avec les fleurs, et fait gronder le jardinier qui trouve le sable dans les plates-bandes et la terre dans les allées. Tout rit, tout brille, tout joue autour de lui comme lui, jusqu’au souffle d’air et au rayon de soleil qui s’ébattent à l’envi dans les boucles follettes de ses cheveux. Le soulier montre tout cela à la mère et lui fait fondre le cœur comme le feu une cire.” ChildhoodMotherhoodEnfanceMaternité Book:Notre-Dame de Paris Source: Notre-Dame de Paris
“Chudi ne t’ « aide » pas quand il s’occupe de son enfant. Il fait ce qu’il est censé faire. Quand nous disons que les pères « aident », nous suggérons que s’occuper des enfants est un territoire appartenant aux mères, dans lequel les pères s’aventurent vaillamment. Ce n’est pas le cas. Tu imagines le nombre de personnes qui seraient aujourd’hui plus heureuses, plus stables, et qui contribueraient bien mieux à la société si leur père avait participé activement à leur enfance ?” BonheuréGalitéEnfantPaternitéMaternité Book:Dear Ijeawele, or a Feminist Manifesto in Fifteen Suggestions Source: Dear Ijeawele, or a Feminist Manifesto in Fifteen Suggestions
“Mon rêve à 25 ans, c’était d’être normale. C’était de prouver que, même si j’avais toujours eu l’impression d’être un mouton noir, je pouvais être comme tout le monde. Me marier, fonder une famille et être heureuse. Comme dans les contes et le fameux « ils se marièrent et eurent beaucoup d’enfants ». Moi aussi j’avais droit à ma part de bonheur. Alors je pense qu’être mère faisait partie de mon envie d’être comme les autres, mais je n’avais pas un désir profond de maternité, comme peuvent le ressentir certaines femmes. Cependant, cela n’a pas été si simple, et je me suis perdue quand j’ai cessé d’être juste moi, quand je n’ai plus été « une ».” MèreMaternité Book:La Lignée Source: La Lignée