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Quote by René Manzor

“Grandir… Cette maladie infantile faisait bien plus de ravages que toutes les autres réunies. Il n’y avait pas de traitements connus pour la soigner. Et lorsqu’elle frappait l’adulte, elle était bien plus dangereuse encore. On l’appelait vieillir et, dans sa forme la plus grave, mourir.”

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René Manzor

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“Car les questions vraiment graves ne sont que celles que peut formuler un enfant. Seules les questions les plus naïves sont vraiment de graves questions. Ce sont les interrogations auxquelles il n’est pas de réponse. Une question à laquelle il n’est pas de réponse est une barrière au-delà de laquelle il n’y a plus de chemins. Autrement dit : ce sont précisément les questions auxquelles il n’est pas de réponse qui marquent les limites des possibilités humaines et qui tracent les frontières de notre existence.”

“L'enfance délaisse les mythes conventionnels accordés à une enfance conventionnelle; elle se moque des fées d'enluminure, des monstres décoratifs, et mes fées à moi étaient le svelte boucher à la moustache aiguë, l'institutrice poitrinaire, le pharmacien; tout le monde était fée, c'est-à-dire isolé par le halo d'une existence inabordable, inviolable, à travers lequel je ne percevais que des gestes dont la continuité - dont la logique et ce qu'elle a de rassurant - m'échappait, dont chaque fragment me posait une nouvelle question, mot à mot : m'inquiétait.”

“Notre vie est déjà pleine de morts, et pour chacun le plus mort des morts est le petit garçon qu'il fut. Et pourtant l'heure venue, c'est lui qui reprendra sa place à la tête de ma vie, rassemblera mes pauvres années jusqu'à la dernière, et comme un jeune chef ses vétérans, ralliant la troupe en désordre entrera le premier dans la maison du Père.”

“Un secret. On ne partage jamais complètement l'enfance que l'on côtoie. C'est une richesse paradoxale de la paternité. Bien sûr on imagine, on rit ensemble, on suscite des joies. Mais comment savoir ce que l'enfsant ressent sur le cours de la rivière enchantée du Jadin d'acclimation? Comment éprouver de l'intérieur le bonheur qu'il éprouve à remporter un tournoi de ping-pong ? On reste toujours au bord. Pas à quai - on fait partie du voyage - mais un peu en retrait, juste à côté. Et si les joies sont quand même presque palpables, que dire des tristesses, où la distance s'amplifie, que dire de l'ennui, dont on ne sait presque rien ?”