Quotessence
Home / Authors / Mathias Énard

Mathias Énard Quotes

Author

Filter quotes by topic

Famous Mathias Énard Quotes

“... the gods will feast on the smoke of rams and ewes that all these lovely people will offer them, on the Temple Mount three times promised, there where the heads of Palestinian suicide bombers take off for the skies, corks of divine champagne, during the celebration of the end of days, the last fireworks, prefigured by the explosions of war, and it’s no doubt only a question of patience before the universe decides to become infinitesimal again and sucks all these burning memories into nothingness…”

“Europe sapped Antiquity under the Syrians, the Iraqis, the Egyptians. Our triumphant nations appropriated the universal with their monopoly on science and archaeology, dispossessing the colonize populations by means of this pillage of a past that, as a result, they readily experienced as alien: and so brainwashed Islamist wreckers drive tractors all the more easily through ancient cities since they combine their profoundly uncultivated stupidity with the more or less widespread feeling that this heritage is alien, retroactive emanation of foreign powers.”

“Nous sommes prisonniers des images, des représentations, dirait Sarah, et seuls ceux qui, comme elle ou comme le colporteur, font le choix de se défaire de leur vie (si une telle chose est réellement possible) peuvent parvenir à autrui. Je me rappelle le bruit de mon urine tombant sur les pierres dans le silence enivrant du désert ; je me rappelle mes petites pensées, bien futiles au regard de l'infinité des êtres ; je n'avais pas conscience des fourmis et des araignées que je noyais dans l'urée. Nous sommes condamnés, comme dit Montaigne dans son dernier Essai, à penser comme on pisse, en chemin, vite et furtivement, en espions. Seul l'amour, pensai-je en regagnant la tente, en frémissant de froid et de désir au souvenir de la nuit précédente, nous ouvre vers autrui ; l'amour comme renoncement, comme fusion - rien d'étonnant à ce que ces deux absolus, le désert et l'amour, se soient rencontrés pour donner un des monuments les plus importants de la littérature universelle, la folie de Majnoun qui hurla sa passion pour Leyla aux cailloux et aux vipères à cornes, Leyla qu'il aima, aux environs de l'an 750, dans une tente toute pareille.”

“Danke für diese diplomatische Nachricht, sie hat mich zum Lachen gebracht – das ist im Augenblick sonst ziemlich schwierig. Du fehlst mir sehr. Oder vielmehr, alles fehlt mir sehr. Ich habe das Gefühl, aus der Welt zu sein, ich schwimme in der Trauer. Ich brauche nur dem Blick meiner Mutter zu begegnen, und schon beginnen wir beide zu weinen. Wir weinen über die Traurigkeit des anderen, über die Leere, die wir auf dem erschöpften Gesicht des anderen sehen. Paris ist ein Grab, nur Erinnerungsfetzen. Ich setze meine Streifzüge durch die literarischen Gefilde des Opiums fort. Ich weiß nicht mehr genau, wie es um mich steht.”