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Poésie Quotes

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Poésie Quotes

“Ma bohème Je m'en allais, les poings dans mes poches crevées ; Mon paletot aussi devenait idéal ; J'allais sous le ciel, Muse ! et j'étais ton féal ; Oh ! là ! là ! que d'amours splendides j'ai rêvées ! Mon unique culotte avait un large trou. - Petit-Poucet rêveur, j'égrenais dans ma course Des rimes. Mon auberge était à la Grande-Ourse. - Mes étoiles au ciel avaient un doux frou-frou Et je les écoutais, assis au bord des routes, Ces bons soirs de septembre où je sentais des gouttes De rosée à mon front, comme un vin de vigueur ; Où, rimant au milieu des ombres fantastiques, Comme des lyres, je tirais les élastiques De mes souliers blessés, un pied près de mon coeur !”

“Il y a dans toute poésie une contradiction essentielle. La poésie, c'est de la multiplicité broyée et qui rend des flammes. Et la poésie, qui ramène l'ordre, ressuscite d'abord le désordre, le désordre aux aspects enflammés; elle fait s'entre-choquer des aspects qu'elle ramène a un point unique : feu, geste, sang, cri. Ramener la poésie et l'ordre dans un monde dont l'existence même est un défi a l'ordre, c'est ramener la guerre et la permanence de la guerre; c'est amener un état de cruauté appliqué, c'est susciter une anarchie sans nom, l'anarchie des choses et des aspects qui se réveillent avant de sombrer et de se fondre a nouveau dans l'unité. Mais celui qui réveille cette anarchie dangereuse en est toujours la première victime”

“Oh! aimer une femme! être prêtre! être haï! l'aimer de toutes les fureurs de son âme, sentir qu'on donnerait pour le moindre de ses sourires son sang, ses entrailles, sa renommé, son salut, l'immortalité et l'éternité, cette vie et l'autre ; regretter de ne pas être roi, génie, empereur, archange, dieu, pour lui mettre un plus grand esclave sous les pieds ; l'étreindre nuit et jour de ses rêves et de ses pensées ; et la voir amoureuse d'une livrée de soldat ! et n'avoir à lui offrir qu'une sale soutane de prêtre dont elle aura peur et dégoût!”

“Si j'étais ce pigeon qui vomit sur les hommes de bronze fausses idoles carnassiers ivres se tâtant le pectoral gauche avec la main droite lavée par les colombes Qui d'autre est capable de provoquer l'amnésie octroyer la carence à ceux qu'il gouverne Qui d'autre sait appeler union ce qui est discorde pour s'arracher le premier pour s'arracher le meilleur des confins de toutes les colonies qui d'autre sait appeler croissance ce qui est régression”

“Qu’un poète élève la voix, qu’un musicien saisisse son violon, qu’un peintre ou qu’un sculpteur surprenne et fixe les raisons de la vie, qu’un véritable créateur surgisse en quelque endroit du globe, et je dis que ma patrie est là même où cet homme respire, je dis que ma patrie est en tout lieu que je peux connaître et chérir à travers l’âme d’un poète.”

“Le journaliste éveille ou endort les consciences selon les nécessités morales du contexte social. Le médiocre romancier aligne les faits de société comme de simples motifs pour faire littérature. Mais au bout du compte ils ne font, l'un et l'autre, que donner du grain aux poules ... Le poète, lui, parle à l'âme humaine à l'état brut. C'est pour cela qu'il sauvera le monde avec un seul murmure.”

“Il existe je ne sais quoi de grand et d’épouvantable dans le suicide. Les chutes d’une multitude de gens sont sans danger, comme celles des enfants qui tombent de trop bas pour se blesser; mais quand un grand homme se brise, il doit venir de bien haut, s’être élevé jusqu’aux cieux, avoir entrevu quelque paradis inaccessible. Implacables doivent être les ouragans qui le forcent à demander la paix de l’âme à la bouche d’un pistolet… Chaque suicide est un poème sublime de mélancolie.”

“Tournant le dos à la versification savante, il y a une poésie de la simplicité. On la trouve à chaque coin de bosquet ou de rue, sur tous les chemins creux et parfois même au milieu du brouhaha des réunions publiques. Cette poésie, c'est celle qui parle sans chichi, sans filtre culturel, celle qui provient du cœur, celle que l'on émet sous forme de comptine, mais aussi, et pourquoi pas, sous forme d'adage et de leçons populaires, ou bien encore de limericks lorsque le goût de la satire, du non-sens ou de la provocation dévale la pente des phrases.”