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E Quotes

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“Et garde-toi des bons et des justes ! Ils aiment à crucifier ceux qui s’inventent leur propre vertu, — ils haïssent le solitaire. Garde-toi aussi de la sainte innocence ! Tout ce qui n'est pas simple lui est impie ; elle aime aussi à jouer avec le feu... des bûchers. Et garde-toi des accès de ton amour ! Trop vite le solitaire tend la main à celui qu’il rencontre. Il y a des hommes à qui tu ne dois pas donner la main, mais seulement la patte : et je veux que ta patte ait aussi des griffes. Mais le plus dangereux ennemi que tu puisses rencontrer sera toujours toi-même ; c’est toi-même que tu guettes dans les cavernes et les forêts. Solitaire, tu suis le chemin qui mène à toi-même !”

“Et j'étais toujours seul, et j'avais toujours l'impression que la nature mystérieusement imposante, le cercle lumineux et attirant de la lune, qui s'était immobilisé, Dieu sait pourquoi, en un point indéfini et élevé de ce ciel bleu pâle, mais qui en même temps était partout et semblait remplir tout l'immense espace et moi, infime vermisseau déjà souillé de toutes les misérables et mesquines passions humaines, mais doué d'une faculté d'aimer illimitée et puissante, j'avais toujours l'impression à ces moments-là que la nature, la lune et moi, nous ne faisions qu'un.”

“Et je respirais délicieusement la fraîcheur saine de ce matin; je me baignais et me retrempais dans cette pureté-la: c'était une impression de bien-être physique d'une intensité extraordinaire: c'était comme une ivresse d'exister... Etrange rajeunissement que le grand matin apporte toujours aux sens dans les pays du soleil, et qui s'est peut-être rien, après tout, rien qu'une sensation fausse et un mirage de vie...”

“Et parce qu'en ce propre jour naquit Pantagruel, son père lui imposa tel nom, car Panta, en grec, vaut autant à dire comme tout, et Gruel en langue agarène , vaut autant comme altéré, voulant inférer qu'à l'heure de sa nativité le monde était tout altéré, et voyant, en esprit de prophétie, qu'il serait quelque jour dominateur des altérés . Ce que lui fut montré à celle heure même par autre signe plus évident, car, alors que sa mère Badebec l'enfantait, et que les sages-femmes attendaient pour le recevoir, issirent premier de son ventre soixante et huit tregeniers, chacun tirant par le licol un mulet tout chargé de sel, après lesquels sortirent neuf dromadaires chargés de jambons et langues de boeuf fumées, sept chameaux chargés d'anguillettes, puis vingt-cinq charretées de poireaux, d'aulx, d'oignons et de cibots, ce qui épouvanta bien lesdites sages femmes.”

“Et puc assegurar, Miquel, que aquest saló des d'on t'escric, que he habitat amb ells senyors i on seguesc refugiant-me, ja no és el mateix. Quan el mir m'és impossible de reconèixer-lo i només durant la nit se m'apareix dins la soledat de la meva cambra tal com el vaig viure els darrers temps; en somnis, torn sentir aquells diàlegs que m'arriben trencats, encalçant els dies desapareguts.”

“Et que faudrait-il faire ? Chercher un protecteur puissant, prendre un patron, Et comme un lierre obscur qui circonvient un tronc Et s'en fait un tuteur en lui léchant l'écorce, Grimper par ruse au lieu de s'élever par force ? Non, merci ! Dédier, comme tous ils le font, Des vers aux financiers ? se changer en bouffon Dans l'espoir vil de voir, aux lèvres d'un ministre, Naître un sourire, enfin, qui ne soit pas sinistre ? Non, merci ! Déjeuner, chaque jour, d'un crapaud ? Avoir un ventre usé par la marche ? une peau Qui plus vite, à l'endroit des genoux, devient sale ? Exécuter des tours de souplesse dorsale ?... Non, merci ! D'une main flatter la chèvre au cou Cependant que, de l'autre, on arrose le chou, Et donneur de séné par désir de rhubarbe, Avoir son encensoir, toujours, dans quelque barbe ? Non, merci ! Se pousser de giron en giron, Devenir un petit grand homme dans un rond, Et naviguer, avec des madrigaux pour rames, Et dans ses voiles des soupirs de vieilles dames ? Non, merci ! Chez le bon éditeur de Sercy Faire éditer ses vers en payant ? Non, merci ! S'aller faire nommer pape par les conciles Que dans des cabarets tiennent des imbéciles ? Non, merci ! Travailler à se construire un nom Sur un sonnet, au lieu d'en faire d'autres ? Non, Merci ! Ne découvrir du talent qu'aux mazettes ? Être terrorisé par de vagues gazettes, Et se dire sans cesse : "Oh ! pourvu que je sois Dans les petits papiers du Mercure François" ?... Non, merci ! Calculer, avoir peur, être blême, Préférer faire une visite qu'un poème, Rédiger des placets, se faire présenter ? Non, merci ! non, merci ! non, merci ! Mais... chanter, Rêver, rire, passer, être seul, être libre, Avoir l'œil qui regarde bien, la voix qui vibre, Mettre, quand il vous plaît, son feutre de travers, Pour un oui, pour un non, se battre, - ou faire un vers ! Travailler sans souci de gloire ou de fortune, À tel voyage, auquel on pense, dans la lune ! N'écrire jamais rien qui de soi ne sortît, Et modeste d'ailleurs, se dire : mon petit, Sois satisfait des fleurs, des fruits, même des feuilles, Si c'est dans ton jardin à toi que tu les cueilles ! Puis, s'il advient d'un peu triompher, par hasard, Ne pas être obligé d'en rien rendre à César, Vis-à-vis de soi-même en garder le mérite, Bref, dédaignant d'être le lierre parasite, Lors même qu'on n'est pas le chêne ou le tilleul, Ne pas monter bien haut, peut-être, mais tout seul !”

“Et vous, oui vous ! mon cher lecteur ! Vous vous prélassez bien au chaud, sur votre coussiège favori ou dans la cathèdre de votre cabinet de lecture, en tournant d'une main indolente les pages de ce volume où je risque bien de perdre ma santé, ma vie, sans compter ma réputation. Est-ce que vous mesurez seulement que j'ai sué, d'angoisse et de labeur, sur l'ouvrage que vous avez le culot de parcourir comme un conte divertissant ? Vous vous rendez compte de ce que je risque, à vous dévoiler ainsi les dessous de la politique ciudalienne ? Vous croyez peut-être que je fais ça uniquement par plaisir ? Ou par malveillance ? Vous croyez qu'on accouche d'un pavé pareil seulement pour l'agrément de cafarder ? Tant de légèreté, tiens, ça me dégoute ! Alors pour l'épopée du sorcier et de ses deux primates, vous repasserez. Moi, j'en ai ma claque, de l'historiographie ! Et estimez-vous heureux que je vous raconte la fin de mon histoire à moi ! Face à tant d'ingratitude, je pourrais bien tout laisser en plan !”

“ETA debe actuar sin interrupción. No le queda otro remedio. Hace tiempo que ha caído en el automatismo de la actividad ciega. Si no hace daño, no es, no existe, no cumple ninguna función. Este modo mafioso de funcionamiento está por encima de la voluntad de sus integrantes. Ni siquiera sus jefes pueden sustraerse a él. Sí, bien, toman decisiones, pero eso es solo aparente. En ningún caso pueden no tomarlas porque la máquina del terror, una vez que ha cogido velocidad, no se puede detener”