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P Quotes

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“Pour Proust, l'univers intérieur d'un homme constituait un étonnant miracle, un infini vertigineux. Ce n'est pas ce qui étonne Kafka. Il ne se demande pas quelles sont les motivations intérieures qui déterminent le comportement de l'homme. Il pose une question radicalement différente : quelles sont encore les possibilités de l'homme dans un monde où les déterminations extérieures sont devenues si écrasantes que les mobiles intérieurs ne pèsent plus rien ? En effet, qu'est-ce que cela aurait pu changer au destin de K s'il avait eu des pulsions homosexuelles ou un complexe d'Oedipe ? Rien, tandis que pour un personnage de Proust, ça changerait tout. Autoportrait en lecteur, page 62”

“pour que tu sois libre de la liberté du chanteur qui improvise sur l'instrument à cordes, ne faut-il pas que je t'exerce d'abord les doigts et t'enseigne l'art du chanteur? Ce qui est guerre, contrainte et endurance. Et pour que tu sois libre de la liberté du montagnard, ne faut-il pas que tu aies exercé tes muscles, ce qui est guerre, contrainte et endurance? Et pour que tu sois libre de la liberté du poête, ne faut-il pas que tu aies exercé ton cerveau et forgé ton style, ce qui est guerre, contrainte et endurance? (chapitre CLII)”

“Pour Schelling, l'art était un instrument de connaissance métaphysique: en réalité l'art était le moyen grâce auquel les mystères des plus hautes vérités transcendantales se révélaient à l'humanité. Toute la génération des années 1840 fut imprégnée de cette foi en la mission métaphysique de l'art, dont Dostoïevski fut le défenseur le plus passionné et le plus éloquent.”

“Pour the bulk of your time into action, not deciding. The state of indecision is a major time waster. Don't spend more than 60 seconds in that state if you can avoid it. Make a firm, immediate decision, and move from uncertainty to certainty to action. Let the world tell you when you're wrong, and you'll soon build enough experience to make accurate, intelligent decisions.”

“Pour être libre, il suffit de l'être, sans en demander l'autorisation à personne. Il faut se faire une hypothèse sur son propre destin et s'y tenir, sans se soumettre ni céder aux circonstances. Une telle liberté exige de l'homme de véritables ressources intérieures, un niveau élevé de conscience individuelle, et le sens de la responsabilité devant lui-même et par là devant les autres. La tragédie est hélas que nous ne savons pas être libres. Nous réclamons une liberté qui doit coûter à l'autre mais sans rien lui abandonner en échange, voyant déjà là comme une entrave à nos libertés et à nos droits individuels. Nous sommes tous caractérisés aujourd'hui par un extraordinaire égoïsme. Or ce n'est pas cela la liberté. La liberté signifie plutôt apprendre à ne rien demander à la vie ni à ceux qui nous entourent, à être exigeant envers soi-même et généreux envers les autres. La liberté est dans le sacrifice au nom de l'amour.”

“pourquoi il n’y aurait pas de monde après le lycée ? – Parce que derrière les grilles du bahut, y a aucun destin fabuleux, style téléfilm à la con, qui nous attend. Juste cette salope de réalité, avec sa gueule d’acier qui va nous broyer. Mais j’irai pas manifester pour autant, et tu sais pourquoi ? Ils me font gerber, les pantins qui le font. Défiler bourré dans la rue, ça dérange les gens qui tra- vaillent, pas le gouvernement. Si ces imbéciles voulaient vraiment faire bouger les choses, ils retireraient leur fric de la banque, ils rendraient les clés de leur 60 m2 – qu’ils sont bien contents, d’ailleurs, de remplir de merdes Ikea – et ils iraient marcher sur l’Élysée flingue à la main.”

“Pourquoi les aiguilles des horloges effectuent-elles le tour d’un cadran au lieu de monter et descendre le long d’une colonne, comme le mercure d’un thermomètre ? On aurait moins le sentiment de tourner en rond. Bien sûr, les secondes n’en finissent jamais de mourir au musée du monde, et le billet d’entrée n’est pas valable éternellement, mais enfin, vous connaissez ce dessin de Charles Schulz ? Charlie Brown et Snoopy sont assis sur un ponton, au bord de l’eau. « Nous allons tous mourir un jour », se désole Charlie Brown. Et Snoopy lui répond : « Mais pas lors des autres jours. » Il circule une traduction moins littérale, mais plus exacte du propos de Snoopy : « Oui, mais tous les autres jours, nous allons vivre. » C’est la version que je préfère. Ce n’est pas parce qu’il est impossible de faire reculer le temps qu’il faut renoncer à casser la gueule aux chronomètres.”

“Pourquoi les enfants sont si cruels ? On parle toujours de leur "innocence", alors que, d'après mes souvenirs de cours de récré, ils se comportent plutôt comme des petits cons. Il suffit d'être un pu trop gros, un peu trop grand, un peu trop roux, de sentir un peu trop fort... Il n'y a rien d'innocent dans les horreurs qu'on m'a balancées quand j'étais petite.”

“Pourquoi ne l'as-tu pas tué ? me demanda-t-elle. – Il n'y a pas de fatalité. J'en suis la preuve vivante, et je me sens pareil à cet enfant par les origines. De même que je ne puis avoir la certitude d'être le maître absolu de la destinée d'Arthur, tu ne peux non plus espérer contrôler totalement le devenir de ton fils. Ainsi il n'y a pas de fatalité ni dans la création ni dans la destruction, car deux choses échappent aux calculs les plus subtils de la prévoyance : l'âme et le hasard. Et même si tu parviens à faire de cet être un instrument parfait au service de ta haine de l'homme, il ne pourra nuire que si Arthur et ses pairs de la Table Ronde montrent folie ou faiblesse. Et s'ils sont fous ou faibles, qu'importe la cause de leur ruine, car le coupable ne sera pas toi, ni ton fils, mais eux-mêmes.”

“Pourquoi regardes-tu le brin le brin de paille qui est dans l’œil de ton frère, alors que tu ne remarques pas la poutre qui est dans ton œil? Comment peux-tu dire à ton frère : "Mon frère, laisse-moi enlever cette paille qui est dans ton œil", toi qui ne vois même pas la poutre qui est dans le tien? Hypocrite, enlève d'abord la poutre de ton œil et verras assez clair pour enlever la paille de l’œil de ton frère.”

“Pourquoi regardes-tu le brin le brin de paille qui est dans l’œil de ton frère, alors que tu ne remarques pas la poutre qui est dans ton œil? Comment peux-tu dire à ton frère : "Mon frère, laisse-moi enlever cette qui est dans ton œil", toi qui ne vois même pas la poutre qui est dans le tien? Hypocrite, enlève d'abord la poutre de ton œil et verras assez clair pour enlever la paille de l’œil de ton frère.”

“Pourtant, et bien que je passe mon temps à établir de telles hiérarchies, bien que comme Limonov je ne puisse pas rencontrer un de mes semblables sans me demander plus ou moins consciemment si je suis au-dessus ou au-dessous de lui et en tirer soulagement ou mortification, je pense que cette idée ― je répète : « L’homme qui se juge supérieur, inférieur ou égal à un autre ne comprend pas la réalité » ― est le sommet de la sagesse et qu’une vie ne suffit pas à s’en imprégner, à la digérer, à se l’incorporer, en sorte qu’elle cesse d’être une idée pour informer le regard et l’action en toutes circonstances. Faire ce livre, pour moi, est une façon bizarre d’y travailler.”