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J Quotes

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“Je me souviens que, petite, on me disait de « me baisser comme il faut pour balayer, comme une fille ». Ce qui signifiait que balayer était un truc de fille. J’aurais préféré qu’on me dise simplement : « baisse-toi et balaie comme il faut, parce que le sol sera plus propre ainsi. » Et j’aurais préféré qu’on dise la même chose à mes frères.”

“Je me voyais au déclin d'une vie innocente et infortunée l’âme encore pleine de sentiments vivaces et l'esprit encore orné de quelques fleurs, mais déjà flétries par la tristesse et desséchées par les ennuis. Seul et délaissé, je sentais venir le froid des premières glaces, et mon imagination tarissant ne peuplait plus ma solitude d'êtres formés selon mon cœur. Je me disais en soupirant : qu'ai-je fait ici-bas !”

“Je mehr sich der kleine Moritz durch Korruption und Misswirtschaft, Autorität und Gewalt sozial ungerecht behandelt fühlt, desto größer ist sein Verlangen danach, sich wenigstens mit seinem Glauben noch ein Stück Identität und also Würde zu bewahren.”

“Je moet de superrijken hun tweede woning zwaar belasten. Ze kunnen nooit met hun villa onder de arm naar het buitenland vluchten. Vastgoed van meer dan 1 miljoen euro moet voor 50 procent belast worden. Dat is ook economisch noodzakelijk, want deze mensen hebben een heel lage consumptiequota. Hoe rijker ze zijn, hoe minder ze van hun hun inkomen verteren. Ze steken het in huizen of gaan beleggen. Een gewone bediende verteert bijna volledig z’n inkomen. De fiscus mag nu niet in de gewone man z’n portemonnee zitten, anders treffen ze de consumptie – en dus ook de economische groei – in het hart. Ze moeten het bij de rijken gaan halen, alleen moet je stevige kloten hebben om de haute finance aan te pakken. Dat zie ik broekventjes als Crombez niet doen. Die weet niet hoe de zakenwereld ineen zit. Hij kan die ingewikkelde financiële constructies niet ontrafelen.”

“Je n'ai jamais très bien compris pourquoi on estimait que les femmes étaient moins capables que les hommes d'éviter ces dangers évidents, mais je crois que le règlement était inspiré par la galanterie plutôt que par la raison. En tout, j'ai parcouru six fois la totalité de la route aérienne entre Nairobi et Londres - dont quatre fois en solo [...] -, et d'autres femmes en ont fait autant. De fait, la plus grande erreur de jugement commise pendant un vol au-dessus du Studd revient à un homme [...].”

“Je n'ai pas su leur apprendre la joie mais je les ai armées. Mes filles auront les maris que le jeu du pouvoir exige. Elles ne choisiront rien, hélas, mais quelque soit le sort qui leur est réservé, elles résisteront. Aujourd'hui je les considère sauvées car hors d'atteinte. Incapable de rire, mais le menton haut et les poings serrés. Est-ce une erreur de vouloir protéger ceux qu'on aime?”

“Je n'allume plus jamais ce poste recouvert d'un plastique jaune que l'on m'apporté avec une fausse magnanimité. J'ai trop peur de saisir cette voix chaude et tendre, trop peur de l'imaginer derrière les murs gris de cet hôpital sinistre. [I will never again turn on this yellow plastic-covered radio that was given to me with fake generosity. I'm too afraid of encountering that warm, gentle voice, too afraid of imagining it behind the grey walls of this sinister hospital.]”

“Je n'osais pas le dire aux autres mais j'avais peur de Francis. Je n'aimais pas trop quand Gino insistait sur la bagarre et la baston pour protéger l'impasse parce que je voyais bien que les copains étaient de plus en plus motivés par ce qu'il racontait. Moi aussi, je l'étais un peu, mais je préférais quand on fabriquait des bateaux avec des troncs de bananiers pour descendre la Muha, ou quand on observait aux jumelles les oiseaux dans les champs de maïs derrière le Lycée international, ou encore quand on construisait des cabanes dans les ficus du quartier et qu'on vivait des tas de péripéties d'Indiens et de Far West. On connaissait tous les recoins de l'impasse et on voulait y rester pour la vie entière, tous les cinq, ensemble. J'ai beau chercher, je ne me souviens pas du moment où l'on s'est mis à penser différemment. A considérer que, dorénavant, il y aurait nous d'un côté et, de l'autre, des ennemis, comme Francis. J'ai beau retourner mes souvenirs dans tous les sens, je ne parviens pas à me rappeler clairement l'instant où nous avons décidé de ne plus nous contenter de partager le peu que nous avions et de cesser d'avoir confiance de voir l'autre comme un danger, de créer cette frontière invisible avec le monde extérieur en faisant de notre quartier une forteresse et de notre impasse un enclos. Je me demande encore quand, les copains et moi, nous avons commencé à avoir peur.”

“Je n'étais même pas libre de pleurer. Qui est jamais libre de pleurer ? Il y a toujours des gens autour, des gens capables de regarder sans le voir un homme sur son chemin de croix, avec sa carrière dans des cartons, mais incapables de supporter le festin visuel d'un homme en pleurs, oui, en pleurs, emporté par l'hiver de son déplaisir. Mais eux non plus, ils n'étaient pas libres d'ingérer le spectacle et de retourner à leurs affaires pour pleurer, de peur que leurs collègues ne les voient en larmes devant leur écran d'ordinateur. Le dernier qui pleurera aura gagné. Nous savons tous ça. Les enfants le tiennent pour un article de foi. Les adultes, eux, ne sont plus en position de le formuler comme tel, mais ils le savent d'instinct. En conclusion, personne n'est libre de pleurer. Personne excepté Tanya. Devant le gare, il m'est apparu que personne n'est réellement libre, pas seulement en matière de larmes, mais en toute chose. Si un évènement ou une situation détermine ou en cause une autre, en quel sens peut-on prétendre que nous sommes libres d'agir ou non ? Si notre comportement est déterminé par toute une série de facteurs, notre structure génétique, la manière dont nous avons été mis au monde, notre perception de l'amour, l'attention et le confort matériel que nous avons connus enfant, jusqu'à notre taux de sucre dans le sang et notre exposition immédiate aux conditions climatiques dominantes, en quoi sommes-nous libres ? Et même si nous pouvions calculer l'effet de tous ces facteurs et prédire notre comportement, nous ne serions toujours pas libres. Car être capable de prédire les évènements futurs ne permet pas pour autant de les influencer si les variables qui les déterminent échappent à notre contrôle.”

“Je ne comprends pas que l'on puisse ne pas fumer. C'est se priver de toute façon de la meilleure part de l'existence et en tout cas d'un plaisir tout à fait éminent. Lorsque je m'éveille, je me réjouis déjà de pouvoir fumer pendant la journée, et pendant que je mange, j'ai la même pensée, oui, je peux dire qu'en somme je mange seulement pour pouvoir ensuite fumer, et je crois que j'exagère à peine. Mais un jour sans tabac, ce serait pour moi le comble de la fadeur, ce serait une journée absolument vide et insipide, et si, le matin, je devais me dire : "aujourd'hui je n'aurai rien à fumer", je crois que je n'aurais pas le courage de me lever, je te jure que je resterais couché. [...] Dieu merci ! on fume dans le monde entier ; ce plaisir, autant que je sache, n'est inconnu nulle part où l'on pourrait être jeté par les hasards de la vie. Même les explorateurs qui partent pour le pôle nord se pourvoient largement de provisions de tabac pour la durée de leurs pénibles étapes, et j'ai toujours trouvé cela sympathique lorsque je l'ai lu. Car on peut aller très mal - supposons par exemple que je sois dans un état lamentable -, aussi longtemps que j'aurai mon cigare, je le supporterai, je le sais bien ; il m'aiderait à tout surmonter.”

“Je ne crois pas qu’il y ait rien au monde de plus riant que les idées qui s’éveillent dans le cœur d’une mère à la vue du petit soulier de son enfant. Surtout si c’est le soulier de fête, des dimanches, du baptême, le soulier brodé jusque sous la semelle, un soulier avec lequel l’enfant n’a pas encore fait un pas. Ce soulier-là a tant de grâce et de petitesse, il lui est si impossible de marcher, que c’est pour la mère comme si elle voyait son enfant. Elle lui sourit, elle le baise, elle lui parle. Elle se demande s’il se peut en effet qu’un pied soit si petit ; et, l’enfant fût-il absent, il suffit du joli soulier pour lui remettre sous les yeux la douce et fragile créature. Elle croit le voir, elle le voit, tout entier, vivant, joyeux, avec ses mains délicates, sa tête ronde, ses lèvres pures, ses yeux sereins dont le blanc est bleu. Si c’est l’hiver, il est là, il rampe sur le tapis, il escalade laborieusement un tabouret, et la mère tremble qu’il n’approche du feu. Si c’est l’été, il se traîne dans la cour, dans le jardin, arrache l’herbe d’entre les pavés, regarde naïvement les grands chiens, les grands chevaux, sans peur, joue avec les coquillages, avec les fleurs, et fait gronder le jardinier qui trouve le sable dans les plates-bandes et la terre dans les allées. Tout rit, tout brille, tout joue autour de lui comme lui, jusqu’au souffle d’air et au rayon de soleil qui s’ébattent à l’envi dans les boucles follettes de ses cheveux. Le soulier montre tout cela à la mère et lui fait fondre le cœur comme le feu une cire.”